Comment la démocratie peut-elle survivre à l’ère des réseaux sociaux qui enferment chacun d’entre nous dans des bulles cognitives, comme nous en faisons l’expérience régulièrement ? Quelle place pour la nuance face aux extrêmes dans l’expression publique qui occupent le terrain grâce à des algorithmes complices ? Celui qui connait les horreurs du XXème siècle doit répondre à ce défi du XXIème pour éviter le lent affaiblissement de « la pire forme de gouvernement à l’exception de toutes celles qui ont été essayées au fil du temps », selon l’expression de Churchill à la Chambre des Communes le 11 novembre 1947. Une analyse pour les lecteurs de Sans Doute, subtile et puisée aux meilleures sources, de Frédéric Arnaud-Meyer, notre partisan d’une démocratie de combat.
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Les livres d’histoire retiendront le mois d’avril 2026 comme une date charnière, marquant une bascule technologique, anthropologique et géopolitique d’une ampleur comparable à la Renaissance. Mais si le XVIe siècle avait placé l’Homme au centre de l’univers, le printemps 2026 signe son déclassement définitif. Le 19 avril, un robot humanoïde a pulvérisé le record du monde du semi-marathon dans les rues de Pékin. Une image saisissante, qui constitue le nouvel épisode foudroyant du débat universel sur l’articulation entre l’humain et la machine. Pourtant, cette prouesse terrestre cache une réalité bien plus vertigineuse. Derrière l’illusion de l’humanoïde, la Chine déploie une flotte massive de méga-drones cargo dans son espace aérien. En automatisant sa logistique à une échelle industrielle, Pékin procède à une rupture absolue, reléguant l’être humain au rang de simple superviseur d’un monde régi par le calcul et les algorithmes.Un éclairage de Marc Lipskier pour Sans Doute sur ce nouveau monde qui nous est encore largement inconnu.
Quelle place reste-t’il à l’homme pour exprimer son intelligence à l’heure de l’IA ? Peut on encore être un expert ? Transmettre quelque chose ? Et si au fond la seule chose que la machine ne nous volera jamais c’était le pouvoir de douter et de dire non ? Sans Doute est très fier d’être à la pointe de la réflexion sur ce monde envahi par l’Intelligence Artificielle et les conséquences sur le fonctionnement de nos sociétés, grâce aux analyses de nos brillants contributeurs parmi lesquels Sylvain Lévy. Celui-ci nous propose de réfléchir aujourd’hui à ce monde où la machine ne doute pas. Si elle interpole, complète, s’ajuste, elle n’a jamais pourtant d’angle mort parce qu’elle n’a pas de point de vue. Et un monde qui ne doute pas est un monde éminemment dangereux. Un article en forme de plaidoyer pour les véritables experts, humains, forcément humains.
La « crise du progrès » est un sujet essentiel qui occupe intellectuels, chercheurs mais aussi tous les ‘honnêtes hommes » depuis au moins le suicide européen qu’a été la Première Guerre Mondiale et son cortège d’horreurs. Le reste du XXème siècle ayant également tenu toutes ses promesses si l’on suit cet indice, la notion n’a jamais perdu de son acuité, renouvelée aujourd’hui par l’emprise des entreprises de technologies américaines ou chinoises qui modèlent nos comportements. L’occasion pour Catherine Malaval de proposer aux lecteurs de Sans Doute une analyse sur le reflux de l’idée même de progrès en ce début de XXIème siècle.
Les Européens sont comme médusés par les premiers pas du nouveau pouvoir américain, en place depuis le 20 janvier 2025. De quoi cette sidération est-elle le signe ? Tout d’abord d’une incrédulité et d’un vertige face à la solitude. Ensuite, de l’effarante nouveauté des défis qui les menacent et qu’ils ont à relever. L’Amérique trumpienne et la Russie de Poutine sont deux problèmes neufs et actuels. Le premier au 20e siècle, la guerre froide, et l’avant-première guerre mondiale des impérialismes n’aident que très partiellement à les saisir et à les affronter.