Sans atteindre encore l’ampleur de la période du maccarthysme, l’anathème “communiste” est de retour aux Etats-Unis. Il est fréquemment utilisé par Donald Trump pour qualifier la nouvelle garde progressiste apparue dans la foulée du maire de New York, Zohran Mamdani. Ironie de la situation, c’est aussi une accusation dont est l’objet l’hôte de la Maison Blanche par ceux qui dénoncent sa politique étatiste en matière économique à l’image de la prise de participation, l’an dernier, de 10% dans le capital d’Intel, le champion national des semi-conducteurs alors en difficulté. Une analyse originale de Gilles Sengès pour Sans Doute du « revival » de ce qui a longtemps été, et est toujours, une forme d’excommunication du débat public aux Etats-Unis pour une grande partie de la population.
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Que retirer du sommet de l’OTAN à Ankara la semaine passée ? En ce 14 juillet, jour de fête nationale et donc de défilé militaire, et alors que des études montrent que les lacunes des armées européennes ne leur permettraient que de tenir trois jours en cas d’offensive russe conventionnelle de haute intensité, existe-t’il des raisons d’espérer une amélioration de notre potentiel de défense ? Pour notre spécialiste des questions militaires Guillaume Ancel, si l’on se place du côté des symboles la réponse est clairement positive. En revanche il prévient les lecteurs de Sans Doute que si l’on aborde les aspects directement opérationnels, la réponse doit être beaucoup plus nuancée…attention à ne jamais confondre succès diplomatique et efficacité militaire.
Vu d’Europe, le protocole d’accord signé entre les Etats-Unis et l’Iran apparait pour le moins comme un échec pour Donald Trump à atteindre les buts qu’il s’était fixés en lançant l’opération « Epic Fury ». Mais que dire de la même chose vue du Japon, sous la menace permanente de la puissance chinoise et totalement dépendant des Etats-Unis pour sa sécurité ? Le manque total de crédibilité du Président américain pourrait donner des idées à Xi Jin Ping et menacer radicalement l’équilibre en Extrême-Orient. Pour notre contributeur Robert Dujarric installé à Tokyo, il y a matière pour le gouvernement et la population japonaise à s’inquiéter quelque peu.
Deux cent cinquante ans après la déclaration d’indépendance des Etats-Unis, célébrée ce 4 juillet, le rêve n’est plus au menu des Américains. Pessimistes sur l’avenir de leur pays, ils sont également très divisés, comme en témoigne une récente étude sociologique du pays qui recense neuf types de familles politiques différentes au sein de la population. Avec de fortes poussées aux extrêmes, à droite comme à gauche, et une remise en cause de fait du bipartisme. Une nouvelle donne que décrypte pour Sans Doute, notre spécialiste des Etats-Unis, Gilles Sengès.
Sans Doute était partenaire du colloque organisé le 6 juin dernier par l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG) à la Sorbonne intitulé “L’Europe en état d’urgence !”. Notre contributeur Sylvain Kahn, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences Po), a clos les débats de cette journée de travail devant un amphithéâtre comble par une conclusion inspirée des travaux présentés par les différents intervenants au travers d’une communication remarquée. Sans Doute est heureux de la publier ici, en point d’orgue de tous les articles de nos différents contributeurs sur ces questions européennes mis en ligne depuis le 28 mai dernier. Une manière de garder espoir dans un futur bien sombre que la décision de Donald Trump intervenue ce week-end d’interdire à tout ressortissant non américain l’accès aux dernières versions de Claude développées par Anthropic ne fait que confirmer.
La Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, promet d’être historique. Avec pour la première fois 48 équipes, 104 matches, 4 fuseaux horaires et des stades gigantesques, l’événement s’annonce comme le plus démesuré jamais organisé. Mais il pourrait aussi entrer dans l’histoire comme la Coupe du monde la plus chère pour les supporters. Des chiffres ahurissants que Frédéric Verdier analyse pour Sans doute, comme si le business était devenu plus puissant que le foot lui-même.
Dans cette tribune pour Sans doute, Pierre-Étienne Franc s’inquiète de voir les classes dirigeantes des pays européens réitérer, année après année, les mêmes approches qui amènent au mêmes erreurs en matière de politique énergétique. L’Union européenne confond, ici comme ailleurs, versatilité et agilité. Les valses-hésitations au gré des humeurs de la vox populi, entre le prix de son pétrole adoré et sa mauvaise conscience écologique, n’augurent rien de bon, malgré les trois chocs énergétiques depuis 2020. Attendu pour montrer le chemin, le vieux continent se noie dans sa complexité décisionnelle au moment où Chine et Etats-Unis déroulent une stratégie limpide. Cette question est pourtant la matrice de la croissance de demain.
Mai 2026 a cristallisé l’asymétrie béante des puissances mondiales. En l’espace de vingt-quatre heures, l’Union européenne a finalisé l’« AI Act Omnibus », peaufinant son architecture réglementaire. Simultanément, Google dévoilait sa nouvelle génération d’intelligence artificielle Gemini, et Meta liquidait 8 000 postes pour réinjecter plus de 115 milliards de dollars dans ses superclusters industriels. Ce télescopage temporel résume le drame géopolitique du Vieux Continent : l’Europe administre le droit ; les États-Unis et la Chine forgent la matière. Enfermée dans l’illusion que la norme juridique suffit à dicter la marche du monde, l’Union européenne subit une désindustrialisation numérique accélérée. De la mort programmée de son pilier automobile aux impasses de la régulation préventive, anatomopathologie d’une puissance défunte.
Un curieux parfum d’anti-américanisme flotte désormais en Europe. Curieux, car les Européens ont construit leur rapport au monde, et notamment l’Union européenne, à l’abri confortable de la puissance militaire américaine. Curieux, car si la brutalité de l’administration Trump est indéniable et inacceptable, les Européens font semblant de méconnaitre qu’au-delà de la manière, le Président américain s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, depuis au moins Barack Obama. Pour Sans Doute, Bruno Alomar rappelle que nous ne devons pas nous tromper d’amis… et d’ennemis à terme.
Les Européens reprochent à Donald Trump son « America first » et son retrait d’Europe
Vingt-sept États, zéro fisc commun. Et si l’impuissance fiscale de l’Union était le seul choix vraiment délibéré de sa construction ? Karine Schaub, notre experte en la matière, dissèque avec acuité cette aberration de voir les Européens se déchirer afin d’attirer fiscalement les investissements, le désarroi des plus pénalisés et le cynisme des seigneurs de la Tech dans leurs bureaux de la Silicon Valley.