Plus de soixante ans après l’indépendance de l’Algérie, la relation entre Paris et Alger reste essentielle même si elle a toujours été difficile, malgré les efforts faits de part et d’autre pour tourner la page de la colonisation. Les présidents Chirac puis Macron ont voulu réconcilier les deux pays, sans succès pour l’instant. Les rapports franco-algériens ont même connu encore récemment la crise la plus grave depuis 1962. Comment expliquer une telle situation, unique dans les relations entre la France et ses anciens territoires coloniaux alors que leurs intérêts communs sont évidents. Pour son premier texte pour Sans Doute, Denis Bauchard, ancien ambassadeur et ancien directeur de l’Afrique et du Moyen-Orient au Quai d’Orsay, revient sur le processus de normalisation en cours entre les deux pays, tout en soulignant sa fragilité.
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Chamberlain. Il est des noms propres qui sont devenus dans le langage courant des synonymes de faiblesse, de naïveté et de lâcheté. Le patronyme de l’ancien Premier Ministre anglais est de ceux-là, passé à la postérité comme le symbole de l’impuissance des démocraties à endiguer l’Allemagne nazie lorsque il était encore temps, et d’une manière générale de l’incapacité congénitale des pays occidentaux à envisager le rapport de force ultime malgré les intentions belliqueuses bien documentées de leurs adversaires. Pour Sylvain Lévy, face aux menaces russe et chinoise, les réactions des démocraties libérales sont de cet ordre…aux lecteurs de Sans Doute, conscients de la réalité ukrainienne, voire polonaise ou balte, et taiwanaise, de mesurer la vigueur de cet avertissement.
En levant 10 milliards d’euros à 20 ans, massivement souscrits par des investisseurs étrangers, la France a confirmé une dépendance stratégique. Défense, industrie, diplomatie : trois signaux récents suggèrent que le prix réel de notre dette dépasse largement son taux affiché. David Baverez revient ainsi pour Sans Doute sur les conditions réelles du financement de la dette publique française qui sont pour le moins inquiétants.
Et si, dans le conflit israélo-palestinien, les Occidentaux faisaient fausse route ?… Si nous arrêtions d’exhorter les bonnes âmes à séparer les protagonistes ?… Si, pour des raisons différentes, mais tout aussi cyniques, ils voulaient continuer ?… Non sans humour, le géo-politologue Robert Dujarric donne ici l’exemple de l’Irlande du Nord. Sous le joug de leurs religions respectives, les belligérants ont quand même fini par trouver une voie étroite vers un chemin de paix. Et qui tient.