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Et si l'accumulation réglementaire européenne poussait à la hausse les prix à la consommation depuis 2015 ? L'envolée des prix des carburants et de l'alimentation inquiète les ménages européens. Cette poussée inflationniste s'explique bien sûr d'abord par des chocs exogènes : conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ou canicules répétées notamment. Alors qu'en cette fin 2026, l’Union européenne doit articuler transition écologique, régulation technologique et sauvegarde du pouvoir d’achat, son action normative mérite cependant également d'être interrogée. Les industriels, au premier rang desquels l'automobile, dénoncent l'impact direct de la conformité aux règles européennes sur les prix, dans le cadre d'une concurrence déloyale avec des constructeurs chinois qui inondent l'Europe de leurs modèles. Marc Lipskier propose pour Sans Doute une analyse empirique de la fabrique des normes qui permet de séparer la part de la régulation de celle des chocs exogènes dans les mécanismes inflationnistes. Un article pour mieux comprendre que l'enfer des prix est souvent pavé de bonnes intentions de protection du consommateur.
Le paradoxe du coût de la conformité
Le 21 septembre 2026, Katrin Adt a tiré le signal d'alarme. La présidente de Dacia s'inquiète de la vive tension qui parcourt le marché automobile européen, laboratoire de l'asymétrie entre coûts de conformité réglementaire et acceptabilité sociale. La dirigeante a rappelé qu'aux 100 normes récentes déjà appliquées, 107 nouvelles s'ajouteront d'ici à 2030. Chez Dacia, un-quart du budget de recherche et développement est absorbé par la seule mise en conformité : un paradis pour juristes en goguette ! Le même jour, les constructeurs réunis au sein de l'ACEA ont incité Bruxelles à adopter un plan de compétitivité plutôt qu'un protectionnisme bureaucratique.
Dans le Dictionnaire des idées reçues de l'industrie automobile, le « bouton magique » tient une place d'honneur. Pour contrer la multiplication des alarmes sonores et des témoins lumineux d'alerte imposés par le règlement européen GSR2 sur les systèmes d'aide à la conduite (ADAS), que conducteurs et passagers exècrent, certains constructeurs ont intégré ce bouton salvateur. D'un seul geste sur le tableau de bord, il permet de neutraliser ces aides obligatoires, jugées intrusives, et réactivées automatiquement à chaque démarrage.
Ce dispositif résume le paradoxe de la norme : des centaines de millions d'euros d'ingénierie investis pour installer des équipements que l'usager s'empresse d'éteindre, tant ils lui sont insupportables et pénibles. Le coût élevé de cette accumulation sécuritaire accélère l'éradication du segment des véhicules neufs d'un prix inférieur à 15 000 euros.
La contraction du marché qui en découle avec trois millions d'unités perdues par rapport à 2019, soit l'équivalent de dix usines à l'arrêt, menace de transformer la mobilité individuelle en automobile en un privilège financier.
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