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"Où va le travail humain ?" se demandait déjà Georges Friedmann en 1950, dans un ouvrage destiné à devenir un classique de la sociologie du travail. Il était pourtant encore loin d'imaginer combien la digitalisation de monde professionnel allait révolutionner autant celui-ci que le taylorisme 100 ans plus tôt. Face à l'IA dont personne ne sait vraiment encore si elle va libérer ou enchaîner, comment donner des perspectives à une jeunesse désespérément en quête de sens, entre peur de l'hydre technologique, angoisse du changement climatique et retour de l'impérialisme comme moteur des nouvelles relations internationales. Une réflexion de Sylvain Lévy pour Sans Doute, qui défendra toujours le droit de dire non, fidèle à son habitude.
« Que faites-vous dans la vie ? » La question paraît aimable. Elle laisse pourtant peu de temps pour devenir quelqu'un : il faut donner un métier. On pourrait répondre qu'on apprend à regarder, qu'on accompagne un père qui vieillit. L'autre attendrait encore un peu. Il voulait savoir de quoi nous vivons ; nous avions cru qu'il demandait comment.
J'ai été invité cette semaine à parler à des étudiants de Sciences Po. Ils ont une réponse toute prête : les emplois qui ont un sens sont supprimés ou pris par la machine. Ils chercheront donc le sens ailleurs, dans ce qu'ils aiment, et prendront un travail dont on sort à cinq heures sans rien emporter.
La même semaine, une philosophe américaine, Rachel Robison-Greene, racontait dans 3 Quarks Daily la visite d'une étudiante venue lui exposer le même plan. C'est dit sans colère, comme on annonce une décision déjà prise, par des gens brillants qui ont regardé le marché avant nous.
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