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Le 15 septembre, les électriciens et gaziers de France ont fait grève pour défendre leur «tarif agent», soit 2% en moyenne du tarif public payé par les autres consommateurs. En défendant mordicus cet "avantage acquis", cette corporation méprise ouvertement l’intérêt général selon Didier Holleaux, notre spécialiste des questions énergétiques. Sa nouvelle contribution en forme de réquisitoire pour Sans Doute laisse deviner une forme d'énervement face à des privilèges vieux de plus de quatre-vingt ans qui n'ont plus lieu d'être selon lui, dans une situation des finances publiques plus qu'inquiétante.
La description en détail du « tarif agent », c’est-à dire le prix auquel les salariés des industries électriques et gazières (IEG, c’est à dire en gros, EDF, une partie d’Engie, ENEDIS, RTE, GRDF, Natran…) payent leur électricité et leur gaz n’est pas l'objet de cet article et j’invite le lecteur intéressé à lire le dernier rapport de la Cour des Comptes à ce sujet, et notamment les pages 64-65.
Je ne retiendrai ici que les éléments les plus saillants du débat désormais sur la place publique :
-Le relèvement du tarif agent ne saurait être considéré, contrairement à ce qu' affirment les grévistes comme une "remise en cause du statut". Le "statut du personnel des industries électriques et gazières" qui tient lieu de convention collective à cette profession depuis 1946 prévoit bien un « tarif agent ». Mais en aucune façon il ne prévoyait que celui-ci ne serait plus revalorisé depuis.... 1951
-Ce "tarif agent" est fondé sur un prix de l’énergie qui date de 75 ans (à l’époque on payait encore en « anciens francs » !). Ceci explique également pourquoi les agents ne payent aujourd’hui qu’environ 2% du tarif public pour leur énergie.
-S’il est vrai que de nombreuses entreprises consentent des tarifs particuliers sur leurs produits à leurs salariés, il est sans exemple que cette réduction soit de 98%, et ne soit pas plafonnée. Par exemple dans l’automobile, la réduction sur le prix de vente est usuellement de 15 à 20% et limitée à deux ventes par an.
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