« On ne peut pas donner de l’argent sans aucune garantie ni sans la sûreté que cet argent sera remboursé un jour. Je veux dire, les Américains ont été beaucoup plus intelligents et beaucoup plus fins que nous, comme d’habitude, parce que l’argent qu’ils ont donné à l’Ukraine est gagé sur l’exploitation des terres rares. » (Jordan Bardella au Forum Ambrosetti, sur les rives du Lac de Côme, en Italie, 5 septembre 2026). Guillaume Ancel, notre spécialiste des questions géostratégiques, s’inquiète pour Sans Doute de l’amateurisme des propos du numéro 2 du RN.
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Que retirer du sommet de l’OTAN à Ankara la semaine passée ? En ce 14 juillet, jour de fête nationale et donc de défilé militaire, et alors que des études montrent que les lacunes des armées européennes ne leur permettraient que de tenir trois jours en cas d’offensive russe conventionnelle de haute intensité, existe-t’il des raisons d’espérer une amélioration de notre potentiel de défense ? Pour notre spécialiste des questions militaires Guillaume Ancel, si l’on se place du côté des symboles la réponse est clairement positive. En revanche il prévient les lecteurs de Sans Doute que si l’on aborde les aspects directement opérationnels, la réponse doit être beaucoup plus nuancée…attention à ne jamais confondre succès diplomatique et efficacité militaire.
Un curieux parfum d’anti-américanisme flotte désormais en Europe. Curieux, car les Européens ont construit leur rapport au monde, et notamment l’Union européenne, à l’abri confortable de la puissance militaire américaine. Curieux, car si la brutalité de l’administration Trump est indéniable et inacceptable, les Européens font semblant de méconnaitre qu’au-delà de la manière, le Président américain s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, depuis au moins Barack Obama. Pour Sans Doute, Bruno Alomar rappelle que nous ne devons pas nous tromper d’amis… et d’ennemis à terme.
Les Européens reprochent à Donald Trump son « America first » et son retrait d’Europe
Mai 2026. Le diagnostic est implacable : l’Union européenne traverse la crise existentielle la plus grave de son histoire. Assaillie à l’est par la menace russe, trahie à l’ouest par son allié américain, distancée par des puissances technologiques qui n’attendent plus ses permissions, l’Europe s’est enfermée dans un cycle d’urgences permanentes qu’elle gère mal et anticipe encore plus mal. Elle subit. Elle réagit. Elle ne décide plus.
En douze mois, la présidence Trump II a opéré deux ruptures simultanées : à l’extérieur, une fracture assumée avec l’Occident qui isole Washington de ses alliés historiques ; à l’intérieur, une dérive illibérale qui banalise l’arbitraire exécutif. La Stratégie nationale de sécurité (NSS) publiée le 5 décembre 2025 entérine ce tournant, mais elle n’en est que l’un des instruments — la pratique du pouvoir en est le véritable révélateur nous explique Sylvain Kahn.
À l’ONU, Donald Trump a fustigé l’Union européenne, qualifiant ses politiques climatiques de « plus grande arnaque jamais perpétrée ». Ces attaques ne sont pas isolées : elles s’inscrivent dans une stratégie plus large de domination. Il avait déjà qualifié les Européens de parasites du contribuable américain lors de son discours du « Liberation day » sur les droits de douane en avril.
Le titre du nouvel ouvrage de Sylvain Kahn – aux éditions de l’Aube, avec la Fondation Jean Jaurès – sonne comme le glas d’un monde qui s’éteint. Celui d’une Europe et d’une Amérique qui partageaient le même amour de la liberté et les mêmes valeurs venues des Lumières. En voici un extrait qui déjà riche d’avertissements.
Le sommet de l’OTAN de la Haye du 25 juin 2025 aura été celui des avancées majeures. S’inscrivant dans un climat de quasi-défiance entre les Etats-Unis et leurs alliés, aussi bien européens que nord-américain, vu les désastreuses relations américano-canadiennes depuis le retour au pouvoir de D. Trump, il s’est déroulé après les frappes des Etats-Unis sur l’Iran et la victoire proclamée par l’administration américaine sur le pouvoir de Téhéran.
Janan Ganesh, éditorialiste au Financial Times, pose cette question en écrivant à propos du fondateur de la Ve République, « His wariness of the US — he took France out of Nato’s command structure — has aged better than British and German reliance on that superpower ».(Sa méfiance envers les États-Unis — il a retiré la France de la structure de commandement de l’OTAN — a mieux vieilli que la dépendance britannique et allemande envers cette superpuissance). (1er mars 2025, https://www.ft.com/content/4a03cc8f-3964-49b0-ae64-8a351d74c82d)
Le moins que l’on puisse dire est que la rencontre des membres de l’OTAN, à Munich, n’a pas suscité l’enthousiasme des décideurs Européens. Malgré quelques circonvolutions, la nouvelle administration américaine essaie de dire aux Européens comment ils doivent penser, comment ils doivent agir. Pour dire les choses en un mot, il faut vraiment en tirer la conclusion simple : jusqu’à quel point les Européens sont-ils seuls ?…