Dans cette nouvelle tribune pour Sans Doute, Marie-Victoire Chopin revisite L’Odyssée de Christopher Nolan avec ses lunettes de psychologue clinicienne et de psychothérapeute pour nous dire à quel point ce film marquera son temps : le cinéaste réussit en effet, en rapprochant Homère de notre époque, à remettre au centre une expérience profondément humaine : celle d’un être qui cherche à retrouver son corps, son identité, sa famille et sa place dans le monde après avoir été transformé par la violence. Bref, si vous ne l’avez pas encore vu, n’hésitez pas une seconde. Ce film est déjà un classique trois semaines après sa sortie.
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Le pari le plus fou du cinéma français en 2026 s’appelle « La bataille de Gaulle », 100 millions d’euros pour deux épisodes et plus de 5 heures de film. 3,6 millions d’entrées à ce jour au cumul, un excellent bouche-à-oreille après un démarrage compliqué et un public plus enthousiaste qu’une certaine critique. Mais Joëlle Alazard, présidente de l’Association des professeurs d’histoire-géographie, souhaite moins vous parler de cinéma que de la manière dont l’épopée de la France Libre et de la Résistance peut et doit résonner aujourd’hui grâce à ce film. Courez en salles si vous ne l’avez pas encore vu.
Depuis la publication dans Libération il y a dix jours à l’occasion du Festival de Cannes d’un appel à « zapper Bolloré » signé au départ par 600 personnes et plus de trois mille aujourd’hui, le monde de la culture est en émoi. Les pétitionnaires souhaitent dénoncer « l’emprise de l’extrême droite » sur le cinéma français via Canal Plus dont Vincent Bolloré est l’actionnaire principal, et s’opposer à la finalisation du rachat d’UGC par la chaine cryptée. Au-delà de la réaction outragée du patron de Canal Plus Maxime Saada, qui a menacé de ne plus préfinancer les films des signataires de la pétition, notre spécialiste des médias Philippe Bailly revient pour Sans Doute sur l’erreur stratégique pour le cinéma français qu’a constitué selon lui cet « appel », au moment ou les piliers de son financement sont fragilisés. Une analyse précieuse, loin des postures idéologiques.
Le festival de Cannes est l’occasion pour notre contributeur Sylvain Lévy de proposer aux lecteurs de Sans Doute une nouvelle réflexion sur nos rapports aux images à l’ère de l’intelligence artificielle. Présent sur la Croisette, il met en perspective le festival traditionnel et sa sélection officielle avec le nouveau festival consacré exclusivement aux créations sous IA. Une façon de s’interroger sur le futur du cinéma, sur la manière dont les oeuvres seront fabriquées et arriveront jusqu’à nous, et sur comment nous les choisirons, dans un avenir désormais très proche.
Dans un communiqué publié le 2 septembre, Canal+ indique « être entré en négociations exclusives avec UGC pour l’entrée au capital de l’acteur historique du cinéma français (à hauteur de 34%). Dans un deuxième temps, les accords avec les actionnaires d’UGC permettraient au groupe CANAL+ de prendre le contrôle d’UGC à partir de 2028 ». La valorisation retenue pour l’opération n’a pas été indiquée, et les dernières données accessibles s’agissant du chiffre d’affaires d’UGC (225,1 M€) portent sur l’année 2021 et sont donc marqués par l’impact de la crise sanitaire. En termes d’intégration verticale, le rachat d’UGC permettra à Canal+ de devenir le 3e exploitant en France, et il pourrait aider à l’international à soutenir le développement de Canal Olympia. Ensemble, Canal+ et UGC pourront également prétendre à la 5e position pour la distribution de films en salle, au 8e rang – devant Fremantle – en termes de volume de production audiovisuelle, ou encore à un catalogue de droits qui accélérera sa marche vers les 10 000 titres. L’annonce, qui survient moins de 6 mois après l’entrée de la famille Saadé au capital de Pathé, complète le changement de génération à la tête du cinéma français.
On a tendance à croire que l’industrie du divertissement est imperméable à son époque et que ses productions se déploient dans une réalité déconnectée des enjeux contemporains. Alors quelle surprise pour l’écrivaine Noëlle Revaz lorsqu’elle découvre que les scénaristes, producteurs et réalisateurs du film commercial hollywoodien qu’elle est allée voir font passer un message sur la politique américaine, voire mondiale ! Elle partage ici avec nous ses impressions et sa séance au cinéma.
Le produit d’un impôt ou, dans le cas d’espèce, d’une dépense contrainte, dépend du taux retenu… mais aussi de l’assiette à laquelle il s’applique. Les professionnels de l’audiovisuel et du cinéma pourraient bientôt avoir à s’en souvenir. Après l’annonce spectaculaire du retrait de Canal+ de la TNT – pour ses chaînes payantes en tout cas – la question de son impact sur la contribution du groupe au financement du cinéma et de l’audiovisuel a été immédiatement soulevée… et peut être trop vite refermée.