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Jean Brousse vit décidément une semaine très spéciale : Le Tour de France 2026 organise une étape 100% Corrèze ce dimanche, pour sa plus grande fierté. Les téléspectateurs pourront ainsi découvrir les terres si chères à son coeur, que les lecteurs fidèles de Sans Doute connaissent bien, car notre poète les évoque si souvent dans nos colonnes. Mais cette journée ne lui fait pas perdre sa verve pour évoquer les fracas du monde comme le petit théâtre de la vie politique française. Restez à l’ombre et profitez de son style unique.
La saison démarre et tout semble bien commencer : Le Tour de France est parti à l’heure de Barcelone, mais il aura vite affronté les embrasements infernaux des Pyrénées orientales. La France est partout en rouge canicule comme jamais, mais rassurons-nous, nos politiques tergiversent sur l’intérêt définitif de la climatisation. Tadej Pogacar a l’air en forme, on attend Paul Seixas … Se réserve-t-il pour l’importante étape cent pour cent corrézienne de ce dimanche ?
L’équipe de France a entamé son parcours dans les phases finales de la Coupe du monde de football, malgré le comportement peu sportif du Paraguay et l’attitude troublante de l’arbitre. M’Bappé tient son rôle. En battant 2 à 0 le Maroc, elle rejoint le dernier carré de la compétition.
Donald Trump, décidément en verve, intervient d’un coup de fil à son ami Gianni Infantino pour disculper, au mépris de toutes les règles de la FIFA, Folarin Balogun d’un carton rouge qui ne lui convenait pas. Ça ne suffira pas pour sauver l’équipe américaine. De rage, il rompt le cessez le feu au Moyen Orient, traite avec son élégance coutumière, de «malades» et d’ «ordures» les gouvernants iraniens et lance de nouvelles frappes sur Ormuz, entre autres. Qui c’est, le « boss », non mais … ?
Pendant ce temps, Marine le Pen, au hasard d’un délibéré tarabiscoté, voire taillé aux mesures des circonstances, peut enfin se déclarer candidate à l’élection présidentielle et envisager une campagne sans entrave malléolaire, au grand dam de Jordan qui s’y préparait dans les box de Monaco.
Certes, elle s’y accroche pour la quatrième fois, mais qui imaginerait qu’on puisse briguer la magistrature suprême sous un tel concert de casseroles. Soit, mais si elle tient jusqu’au 18 avril prochain, nous compterons alors les électeurs pour lesquels une décision de justice n’est au fond pas grand-chose.
Le week-end dernier, trois cent cinquante intervenants du monde entier, de Christine Lagarde à Patrick Pouyanné, d’Erik Orsenna à Jacques Attali, se retrouvaient sous les frondaisons des platanes du parc Jourdan, à Aix en Provence pour les vingt sixièmes Rencontres Economiques, le plus grand rassemblement européen du genre. Quelques quarante degrés n’ont pas effrayé les sept ou huit mille participants durant ces trois jours.
Présidentielle oblige, nous aurons vu défiler à peu près tous les prétendants déclarés de la prochaine consultation, Edouard Philippe, Gabriel Attal, François Hollande, Raphaël Glucksmann … J’en passe, et non des moindres. Un thème : «Naviguer dans un monde sans repères», un monde de violence, un monde pour le moins déboussolé. La planète marche sur la tête et la Terre brûle … Quelques engagements : rendre son pouvoir à la jeunesse, rénover la coopération internationale, se mobiliser pour le progrès.
« Progrès », un mot trop oublié depuis plus de quarante ans, supplanté dans le langage managérial par « innovation », sans doute par excès de respect pour le fameux et paralysant principe de précaution.
Le dernier «progrès» revendiqué date sans doute de juillet 1969, l’alunissage d’Apollo 11, quand Armstrong et Aldrin ont foulé le sol lunaire, devant les téléspectateurs incrédules et unanimement émus du monde entier. Un choc, un saut dans le vide, une création inédite, impensable, et pourtant … Le progrès nait de l’invention et de la créativité.
Supprimons les « Re » des discours politiques et économiques : oublions par exemple la « ré-industrialisation », mais pensons et mettons en œuvre l’industrialisation du XXIe siècle, en nous emparant des « nouvelles technologies ». L’inévitable Intelligence Artificielle fera moins peur lorsque nous saurons comment elle peut, et doit, servir l’humanité plus que quelques super geeks ivres de peu. Il faut nous asseoir à la table du progrès, mais comme le signale Philippe Aghion, vite et avec détermination, sinon nous finirons dans l’assiette.

Aix, c’est aussi le Festival d’art lyrique, mais j’en suis vite revenu, délaissant les platanes et les lauriers roses pour mes tilleuls corréziens. Les hortensias sont à la peine et les prés ont bien jauni. Ils ont soif. Le quarante-cinquième Festival de la Vézère démarre, elle aussi, sur les coteaux du Saillant, où l’on attend de précoces vendanges avec trois semaines d’avance, au long de la rivière bien basse où les truites désespèrent. En un mois, vingt-cinq concerts, quinze lieux emblématiques du patrimoine local, cent cinquante artistes : l’orchestre d’Auvergne, Jean François Zygel, Axelle Saint-Cirel, Raphaël Pidoux, Denis Podalydes, Diva Opéra, Paul Smith …
Plus de dix mille spectateurs vivront des moments de grâce enchanteurs dans de fraiches – espérons-le – abbatiales, des ardoisières accueillantes, des jardins peut-être ventés et des auditoriums climatisés ! Le prochain week-end corrézien s’annonce donc chargé.
Qui a dit qu’il n’y avait rien à faire ici ?… Dimanche, le Tour de France traversera notre belle Corrèze du sud au nord, Brive, Turenne, Collonges la Rouge pour le midi, puis Tulle et la côte de Naves où les amoureux de la petite reine se retrouveront dans une méga fan-zone, les monts des Monédières et les lacets du Suc au May, haut lieu du regretté « Bol d’Or », Ussel, via le Mont Bessou, point culminant du département, et Meymac-près-Bordeaux, patrie des marchands de vin.
Ainsi, trente-deux communes seront traversées ! Mais où sera François Hollande ? Nos belles vaches limousines assommées de chaleur et privées de vieux tacots attendent impatiemment les échappés et le peloton. Nous ne doutons pas que les images télévisées du Causse, de la Marche, des Monédières et du plateau de Millevaches séduiront les accros de la Grande Boucle. Qu’ils ne puissent pas tous venir trop vite nous envahir ! Nous en serions bien sur heureux, mais nous sommes si tranquilles ici.
Nous prendrons lundi un repos bien mérité, comme les coureurs, avant de jeter un œil mardi sur la retransmission du somptueux défilé de 14 Juillet, le dernier du Président Emmanuel Macron.
Emouvant non ?

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C’est l’esprit Sans Doute.