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Et si le malaise devenait une arme politique ? Depuis quelques semaines, Raphaël Glucksmann est la cible d’un qualificatif en vogue chez les jeunes internautes : « cringe ». Il faut comprendre gênant, embarrassant, le genre de comportement qui vous donne envie de regarder ailleurs, tant celui qui s’y livre semble ne pas mesurer l’effet qu’il produit. À force de susciter les moqueries sur les réseaux sociaux, le candidat social-démocrate serait-il en train de transformer son manque d’incarnation en atout électoral ? À l’heure où le buzz vaut parfois programme et l’autodérision capital politique, le pseudo-ridicule n'est plus un handicap. Et si, en politique aussi, le meilleur moyen de désamorcer la gêne était de la revendiquer ? Une analyse inédite et orginale d'Alban Saint-Joigny, notre spécialiste des tendances sur les réseaux sociaux.
Les yeux figés dans le vide, il entonne La Marseillaise devant un public joyeux et volontaire. Nous sommes le 11 octobre, il est 20 heures passées et Raphaël Glucksmann vient de remporter la primaire sociale-démocrate avec 66,14 % des suffrages. Dès le premier tour.
En ligne, les premiers commentaires ne tardent pas : « On n’a jamais rien vu d’aussi malaisant que cette Marseillaise de Raphaël Glucksmann », « le roi du malaise », « ça, c’est vraiment drôle, par contre : le regard de Glucksmann + sa façon de se comporter + la Marseillaise éclatax, c’est un 10/10 de malaisance 😭😭😭 », « Posture affectée, regards fuyants, manque absolu d’incarnation. Il transpire l’inconfort. Tout chez lui est profondément gênant », « Ne riez pas. Y a une compétition pour savoir qui est le candidat le plus cringe. Raphaël Glucksmann a une dynamique très forte dans cette compétition. Pas besoin d’ingérences russes ».
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