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Le 14 juin, les électeurs helvétiques étaient appelés aux urnes pour répondre par oui ou par non à une "initiative populaire" intitulée "Pas de Suisse à 10 millions ! (Initiative pour la durabilité)". Promue par l'UDC, le parti populiste, elle avait pour objet de plafonner sous certaines conditions la population du pays à 10 millions d'habitants. Le peuple a voté contre. On est là au cœur de la démocratie semi-directe, à laquelle la Suisse est très attachée et qui ne manque pas d'intriguer à l'étranger. Dans cette tribune pour Sans Doute, notre contributeur Fabrice Baumgartner, lui-même franco-suisse, sonde les véritables particularismes institutionnels suisses et la complexité de la relation helvétique avec l'Union Européenne sous pression permanente de l'UDC.
La paternité de cette initiative revenait à l'UDC, dont le nom allemand, Schweizerische Volkspartei, que l'on peut traduire par "Parti populaire suisse" est plus parlant que son nom français d' "Union démocratique du centre". C'est, depuis 1999 le premier parti suisse en nombre de représentants au Conseil national (la Chambre basse du Parlement helvétique, dont les sièges sont répartis en proportion de la population des cantons). Il disposait traditionnellement d'un siège (sur sept) au Conseil fédéral (le pouvoir exécutif collégial qui gouverne le pays), mais suite à sa montée en puissance il dispose d'un deuxième siège depuis 2003.
Cela fait de lui, contrairement à la plupart des partis européens qui partagent sa base idéologique, un parti de gouvernement confronté quotidiennement à la réalité de l'exercice du pouvoir. C'est d'ailleurs peut-être la principale raison pour laquelle on le rattache plus volontiers, mais non sans une certaine complaisance, à la droite radicale plutôt qu'à l'extrême-droite. Sur le plan des idées qu'il défend, la distinction est parfois ténue.
Il n'est en tout cas pas près de renier ses origines populistes. La proposition portait en effet l'une des principales marques de fabriques de cette tendance, à savoir la mise en rapport de problèmes concrets, réels, perçus par la population comme importants et, pour y remédier, de mauvaises solutions, constituées de mesures simplistes, brutales et démagogiques, voire impossible à mettre en œuvre ; et aux conséquences potentiellement désastreuses.
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