Démocratie

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Quand le visage disparaît.

Michel Foucault avait imaginé un monde où les discours circuleraient sans auteurs. L’intelligence artificielle ne l’a pas seulement rendu possible. Elle l’a industrialisé. Mais ce monde sous perfusion d’IA nous oblige à redécouvrir pourquoi une société a besoin de signatures afin de la rendre habitable : une parole doit être reliée à unes responsabilité, un pouvoir à un visage. Une nouvelle réflexion brillante de Sylvain Lévy sur un nouvel aspect de relation entre l’homme et la machine à l’ère de l’IA. L’occasion de souligner combien Sans Doute est fier d’être devenu l’un des principaux lieux du débat en France sur les ruptures anthropologiques induites par l’intelligence artificielle et de remercier tous nos contributeurs qui écrivent avec passion sur ce sujet.

On voit des képis partout !

« J’ai passé sept soirs devant les chaînes d’information et j’ai fini par comprendre que le vrai treillis, c’était le mien. » Un nouveau diagnostic sans concession de Frédéric Arnaud-Meyer pour Sans Doute qui dénonce, non pas tant la présence des généraux à la retraite sur les plateaux des chaines info, que l’envahissement du vocabulaire militaire dans tous les domaines de la vie publique. Le régime de la caserne n’est pourtant ni compatible avec les aspirations légitimes des citoyens, ni avec les exigences d’une démocratie en bonne santé. Clémenceau doit se retourner dans sa tombe.

Le mot qui salit ceux qui le prononcent.

Avec cette petite ethnographie du terme «populiste», observée dans son habitat naturel, le dîner en ville, Frédéric Arnaud-Meyer nous revient très en forme. Il propose ce texte aux lecteurs de Sans Doute qui interroge la défiance des gouvernés à l’égard des gouvernants en France (et ailleurs). Le populisme a une généalogie, du Kansas d’hier à la France périurbaine d’aujourd’hui et une fonction : servir à disqualifier ce qu’on refuse d’entendre. Notre contributeur, qui aime jeter du sel sur les plaies ouvertes de nos sociétés contemporaines, émet une hypothèse gênante : et si ce n’était pas le peuple qui posait problème mais ceux qui répètent à l’envi ce mot de « populisme »? Une analyse de ce terme méprisant devenu arme de confort intellectuel, et modeste plaidoyer pour qu’on ose enfin dire ce qu’on veut vraiment dire.

Qui a peur de la fête ? 

Pour son premier texte pour Sans Doute, notre nouveau contributeur Rémi Engrand, doctorant en géographie sociale, spécialiste reconnu de la politique de la Ville et désormais maire-adjoint de Chanteloup-Les-Vignes, revient sur un phénomène social qui a désormais trop souvent tendance à se dissoudre dans le spectacle : la fête. L’occasion pour lui de nous rappeler que réunir une population dans un lieu pour une manifestation festive n’est pas rassembler les mêmes, mais accueillir ceux que tout sépare. Une démocratie se mesure aussi à sa capacité de produire de tels lieux, où des inconnus éprouvent, le temps d’une soirée, une présence commune. Un texte en forme de manifeste pour réapprendre la fête comme un art d’habiter ensemble.

L’Amérique, éparpillée façon puzzle.

Deux cent cinquante ans après la déclaration d’indépendance des Etats-Unis, célébrée ce 4 juillet, le rêve n’est plus au menu des Américains. Pessimistes sur l’avenir de leur pays, ils sont également très divisés, comme en témoigne une récente étude sociologique du pays qui recense neuf types de familles politiques différentes au sein de la population. Avec de fortes poussées aux extrêmes, à droite comme à gauche, et une remise en cause de fait du bipartisme. Une nouvelle donne que décrypte pour Sans Doute, notre spécialiste des Etats-Unis, Gilles Sengès.

La Suisse, si différente et si semblable.

Le 14 juin, les électeurs helvétiques étaient appelés aux urnes pour répondre par oui ou par non à une « initiative populaire » intitulée « Pas de Suisse à 10 millions ! (Initiative pour la durabilité) ». Promue par l’UDC, le parti populiste, elle avait pour objet de plafonner sous certaines conditions la population du pays à 10 millions d’habitants. Le peuple a voté contre. On est là au cœur de la démocratie semi-directe, à laquelle la Suisse est très attachée et qui ne manque pas d’intriguer à l’étranger. Dans cette tribune pour Sans Doute, notre contributeur Fabrice Baumgartner, lui-même franco-suisse, sonde les véritables particularismes institutionnels suisses et la complexité de la relation helvétique avec l’Union Européenne sous pression permanente de l’UDC.

On a enfin la facture du scandale !

Le sang de notre contributeur Frédéric Arnaud-Meyer n’a fait qu’un tour lorsque il a voulu essayer « Fable 5 », le nouveau modèle d’Intelligence Artificielle proposé par Anthropic, la maison mère de « Claude ». Celui-ci a beau depuis le week-end dernier avoir été interdit par Donald Trump pour des raisons de « sécurité nationale » (en réalité sur dénonciation d’Amazon dont après que Fable 5 a mis en évidence des failles importantes de sécurité dans les systèmes de protection des données du géant de l’e-commerce), ce nouveau modèle permet à Anthropic de signer le crime que tout le monde redoute : la sortie obligatoire et organisée des données des usagers des serveurs sécurisés. Le client paie donc pour être potentiellement pillé et surveillé ! La révolution de l’IA continue patiemment de mettre à bas tous les principes d’organisation de nos sociétés démocratiques. Un texte en forme de cri d’alarme en exclusivité pour Sans Doute.

La double contrainte 

Comment la démocratie peut-elle survivre à l’ère des réseaux sociaux qui enferment chacun d’entre nous dans des bulles cognitives, comme nous en faisons l’expérience régulièrement ? Quelle place pour la nuance face aux extrêmes dans l’expression publique qui occupent le terrain grâce à des algorithmes complices ? Celui qui connait les horreurs du XXème siècle doit répondre à ce défi du XXIème pour éviter le lent affaiblissement de « la pire forme de gouvernement à l’exception de toutes celles qui ont été essayées au fil du temps », selon l’expression de Churchill à la Chambre des Communes le 11 novembre 1947. Une analyse pour les lecteurs de Sans Doute, subtile et puisée aux meilleures sources, de Frédéric Arnaud-Meyer, notre partisan d’une démocratie de combat.

Manifeste pour une démocratie de combat !

Avons nous jamais été aussi menacés, jamais aussi seuls, jamais aussi dépendants, jamais aussi fragiles depuis 1945 ? Les démocraties occidentales, hors Etats-Unis, c’est à dire les pays européens, accompagnés du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Corée du Sud, du Japon et de Taiwan vivent une époque de menaces existentielles et pas seulement en raison de la nouvelle doctrine de sécurité américaine rendue publique en décembre dernier. Ce serait trop simple pour qualifier cette crise. Plus profondément les principes qui gouvernent nos démocraties ne paraissent plus adaptés à la dépendance technologique, à l’extraterritorialité numérique, à la nouvelle violence géopolitique. Tout est il perdu pour autant ? Non, comme le défend Frédéric Arnaud-Meyer pour les lecteurs de Sans Doute dans ce manifeste. Nous pouvons encore réagir tout en restant fidèles à nos valeurs universelles. Voici comment. A méditer…

Ça craint : la guerre désormais accessible à toutes les bourses.

Longtemps, la guerre fut un sport d’empires, une passion de maréchaux, un caprice d’États solvables. Puis la technique a fait ce qu’elle fait toujours : elle a cassé les prix, ouvert le marché et vulgarisé l’outil. Nous n’avons pas aboli la violence ; nous l’avons rendue plus portable, plus agile, plus virale — et infiniment plus proche. C’est la revanche des gueux et des Jacques sur les seigneurs de la guerre qui peuvent s’offrir des victoires pour bien moins cher comme le démontre Frédéric Arnaud-Meyer dans sont texte d’une terrible évidence. Une rupture essentielle dans l’histoire de la civilisation pour notre chroniqueur.

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