Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, l’Union européenne connaît une grave crise de sens. À l’origine, le projet européen était fondé sur un principe simple : celui que l’union des européens leur donnerait plus d’opportunités économiques et de marges de manœuvre diplomatiques. Mais voilà, l’idée que « l’union fait la force » se heurte de plus en plus au mur d’une nouvelle réalité géopolitique : celle du retour des empires et des souverainetés nationales. Pour Sans doute, David Cayla revient sur le chaos trumpien, genèse d’une nouvelle donne géopolitique en Europe. Faut-il pour autant suivre Ursula von der Leyen dans son hyper-activisme (cherchant peut-être à masquer l’humiliation du « deal » sur les droits de douane passé avec Trump) qui cherche notamment à mettre en oeuvre un « 28ème » régime pour les entreprises européennes, au risque d’un nouveau dumping social et fiscal intra-européen? Le débat est ouvert.
Monde
Un curieux parfum d’anti-américanisme flotte désormais en Europe. Curieux, car les Européens ont construit leur rapport au monde, et notamment l’Union européenne, à l’abri confortable de la puissance militaire américaine. Curieux, car si la brutalité de l’administration Trump est indéniable et inacceptable, les Européens font semblant de méconnaitre qu’au-delà de la manière, le Président américain s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, depuis au moins Barack Obama. Pour Sans Doute, Bruno Alomar rappelle que nous ne devons pas nous tromper d’amis… et d’ennemis à terme.
Les Européens reprochent à Donald Trump son « America first » et son retrait d’Europe
Mai 2026. Le diagnostic est implacable : l’Union européenne traverse la crise existentielle la plus grave de son histoire. Assaillie à l’est par la menace russe, trahie à l’ouest par son allié américain, distancée par des puissances technologiques qui n’attendent plus ses permissions, l’Europe s’est enfermée dans un cycle d’urgences permanentes qu’elle gère mal et anticipe encore plus mal. Elle subit. Elle réagit. Elle ne décide plus.
Comme nombre de ses prédécesseurs, l’ancien président des Etats-Unis s’apprête à inaugurer, le 18 juin, une bibliothèque baptisée à son nom, destinée à accueillir toutes les archives de ses huit années à la Maison Blanche (2009-2017). Installé à Chicago, le complexe qui comprend quatre bâtiments a fait exploser tous les compteurs, mobilisant quelque 850 millions de dollars. Un chiffre à faire pâlir son successeur Donald Trump ! Avec l’ambition de “contextualiser sa présidence”, Barack Obama, premier noir de l’histoire de son pays à avoir accédé au pouvoir suprême, va sans doute relancer le débat sur son héritage mais aussi sur le fait qu’il a été plus actif pour lever des fonds que de faire de la politique ces dix dernières années. Une nouveau regard percutant pour Sans Doute de notre spécialiste des Etats-Unis Gilles Sengès que vous ne lirez pas ailleurs.
Chez Sans Doute nous aimons les contributeurs qui défendent haut et fort leurs convictions. C’est ici le cas avec David Lévy qui s’insurge contre la politique énergétique défendue par la Commission européenne. Après avoir reconnu du bout des lèvres que mener une politique anti-nucléaire était une erreur, voici que Ursula von der Leyen et ses services notifient à la France une lettre d’observations de 102 pages en réponse à la notification par le gouvernement Lecornu à Bruxelles du plan de soutien public français au secteur énergétique de décembre 2025. A l’heure de la crise au Moyen-Orient, des tensions géopolitiques globales, de l’explosion de la demande prévisionnelle d’électricité à l’heure de l’IA, et de la nécessité maintes fois réaffirmée d’une nouvelle « souveraineté européenne », n’y a t’il pas lieu de penser que nous marchons sur la tête ? C’est la thèse défendue avec brio par notre spécialiste de l’énergie nucléaire.
Dans cette contribution pour Sans doute, Robert Dujarric, notre spécialiste des relations internationales -notamment de l’Asie et de ses subtilités, parfois peu compréhensibles pour les Occidentaux- revient sur la rencontre entre Xi Jinping et Trump en Chine la semaine dernière. Avec en ombre portée, les inquiétudes perceptibles dans les autres pays du continent, à commencer par Taiwan et le Japon. Ce que nous savons des discussions sino-américaines n’est en effet peut-être qu’une partie de ce qui s’est dit loin des micros et des conférences de presse officielles.
Longtemps, la guerre fut un sport d’empires, une passion de maréchaux, un caprice d’États solvables. Puis la technique a fait ce qu’elle fait toujours : elle a cassé les prix, ouvert le marché et vulgarisé l’outil. Nous n’avons pas aboli la violence ; nous l’avons rendue plus portable, plus agile, plus virale — et infiniment plus proche. C’est la revanche des gueux et des Jacques sur les seigneurs de la guerre qui peuvent s’offrir des victoires pour bien moins cher comme le démontre Frédéric Arnaud-Meyer dans sont texte d’une terrible évidence. Une rupture essentielle dans l’histoire de la civilisation pour notre chroniqueur.
Sans Doute est fier de vous proposer aujourd’hui le témoignage personnel de notre contributrice Karine Schaub. Notre spécialiste de la lutte contre le blanchiment et de l’optimisation fiscale abusive des multinationales, revient à travers ses souvenirs d’enfance, en cette semaine de la paix et de l’Europe, sur l’un des plus grands crimes du XXème siècle : le génocide arménien au un million et demi de victimes (estimation basse), massacrées par les Turcs il y a 111 ans exactement. L’occasion pour elle dans son texte avec des mots simples, de tisser entre la petite et la grande Histoire des liens très forts, et surtout de s’interroger sur l’impunité, et ses motivations, dont bénéficie encore la Turquie plus d’un siècle plus tard. Comme une manière de ne jamais pouvoir enterrer ses morts…
De manière particulièrement brillante et synthétique, Dominique Schnapper livre aux lecteurs de Sans Doute un tableau de la situation contemporaine du « modèle » occidental, triomphant après 1945 et désormais attaqué de toutes parts. L’occasion en ce 8 mai, date anniversaire de la victoire contre l’Allemagne du IIIème Reich, de se poser la question de ce que les démocraties européennes sont prêtes aujourd’hui à sacrifier, pour garantir leur existence et donc prendre en main leur défense. L’ère de la paix à l’abri de l’oncle Sam est terminée. Il reste donc à trouver les conditions du maintien de celle-ci et de la défense de nos valeurs, remises en question aujourd’hui à l’ouest, à l’est et au sud du continent européen. Un texte à méditer.
Enlisé dans sa guerre avec l’Iran, Donald Trump doit batailler sur un autre front, parlementaire celui-là, alors que ses troupes, pourtant majoritaires à la Chambre des représentants comme au Sénat, ont du mal à s’entendre sur des textes communs. Et la situation pourrait s’aggraver pour la seconde partie de son mandat dans la foulée des élections de mi-mandat, du 3 novembre, promises à l’opposition démocrate à en croire les sondages. Au point que certains s’inquiètent, déjà, pour le déroulement du scrutin avec une éventuelle remise en question des résultats par l’administration Trump…Une nouvelle analyse inédite sur la situation parlementaire aux Etats-Unis de notre spécialiste Gilles Sengès.