Sans Doute est heureux de publier le premier texte de notre nouveau contributeur Guillaume Ancel, spécialiste des questions militaires. Dans son article, celui-ci revient sur la situation sur le terrain en Ukraine, qui ne se passe pas du tout en ce début d’été 2026 comme le maître du Kremlin le souhaiterait. La capacité de l’armée ukrainienne à couper les lignes d’approvisionnement de l’armée russe, notamment en Crimée, et ses frappes de drones sur les raffineries de pétrole en territoire ennemi, y compris près de Moscou, sont elles susceptibles de faire vaciller Vladimir Poutine ? Premiers éléments de réponse pour nos lecteurs.
Monde
Deux cent cinquante ans après la déclaration d’indépendance des Etats-Unis, célébrée ce 4 juillet, le rêve n’est plus au menu des Américains. Pessimistes sur l’avenir de leur pays, ils sont également très divisés, comme en témoigne une récente étude sociologique du pays qui recense neuf types de familles politiques différentes au sein de la population. Avec de fortes poussées aux extrêmes, à droite comme à gauche, et une remise en cause de fait du bipartisme. Une nouvelle donne que décrypte pour Sans Doute, notre spécialiste des Etats-Unis, Gilles Sengès.
Le 14 juin, les électeurs helvétiques étaient appelés aux urnes pour répondre par oui ou par non à une « initiative populaire » intitulée « Pas de Suisse à 10 millions ! (Initiative pour la durabilité) ». Promue par l’UDC, le parti populiste, elle avait pour objet de plafonner sous certaines conditions la population du pays à 10 millions d’habitants. Le peuple a voté contre. On est là au cœur de la démocratie semi-directe, à laquelle la Suisse est très attachée et qui ne manque pas d’intriguer à l’étranger. Dans cette tribune pour Sans Doute, notre contributeur Fabrice Baumgartner, lui-même franco-suisse, sonde les véritables particularismes institutionnels suisses et la complexité de la relation helvétique avec l’Union Européenne sous pression permanente de l’UDC.
Sans Doute était partenaire du colloque organisé le 6 juin dernier par l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG) à la Sorbonne intitulé “L’Europe en état d’urgence !”. Notre contributeur Sylvain Kahn, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences Po), a clos les débats de cette journée de travail devant un amphithéâtre comble par une conclusion inspirée des travaux présentés par les différents intervenants au travers d’une communication remarquée. Sans Doute est heureux de la publier ici, en point d’orgue de tous les articles de nos différents contributeurs sur ces questions européennes mis en ligne depuis le 28 mai dernier. Une manière de garder espoir dans un futur bien sombre que la décision de Donald Trump intervenue ce week-end d’interdire à tout ressortissant non américain l’accès aux dernières versions de Claude développées par Anthropic ne fait que confirmer.
Nouveau contributeur pour Sans doute, Alban Saint-Joigny, expert en communication stratégique et affaires publiques, revient sur le sentiment européen en France, un des plus faibles de toute l’Union européenne si on en croit le dernier Eurobaromètre. Nos concitoyens, habitants d’un pays de cocagne et refuge envié, n’en restent pas moins très fortement attachés à l’idée de construction européenne et à l’euro. Comme un désintérêt pour les institutions europénnes et la bureaucratie associée, et une adhésion au destin collectif du continent.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, l’Union européenne connaît une grave crise de sens. À l’origine, le projet européen était fondé sur un principe simple : celui que l’union des européens leur donnerait plus d’opportunités économiques et de marges de manœuvre diplomatiques. Mais voilà, l’idée que « l’union fait la force » se heurte de plus en plus au mur d’une nouvelle réalité géopolitique : celle du retour des empires et des souverainetés nationales. Pour Sans doute, David Cayla revient sur le chaos trumpien, genèse d’une nouvelle donne géopolitique en Europe. Faut-il pour autant suivre Ursula von der Leyen dans son hyper-activisme (cherchant peut-être à masquer l’humiliation du « deal » sur les droits de douane passé avec Trump) qui cherche notamment à mettre en oeuvre un « 28ème » régime pour les entreprises européennes, au risque d’un nouveau dumping social et fiscal intra-européen? Le débat est ouvert.
Un curieux parfum d’anti-américanisme flotte désormais en Europe. Curieux, car les Européens ont construit leur rapport au monde, et notamment l’Union européenne, à l’abri confortable de la puissance militaire américaine. Curieux, car si la brutalité de l’administration Trump est indéniable et inacceptable, les Européens font semblant de méconnaitre qu’au-delà de la manière, le Président américain s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, depuis au moins Barack Obama. Pour Sans Doute, Bruno Alomar rappelle que nous ne devons pas nous tromper d’amis… et d’ennemis à terme.
Les Européens reprochent à Donald Trump son « America first » et son retrait d’Europe
Mai 2026. Le diagnostic est implacable : l’Union européenne traverse la crise existentielle la plus grave de son histoire. Assaillie à l’est par la menace russe, trahie à l’ouest par son allié américain, distancée par des puissances technologiques qui n’attendent plus ses permissions, l’Europe s’est enfermée dans un cycle d’urgences permanentes qu’elle gère mal et anticipe encore plus mal. Elle subit. Elle réagit. Elle ne décide plus.
Comme nombre de ses prédécesseurs, l’ancien président des Etats-Unis s’apprête à inaugurer, le 18 juin, une bibliothèque baptisée à son nom, destinée à accueillir toutes les archives de ses huit années à la Maison Blanche (2009-2017). Installé à Chicago, le complexe qui comprend quatre bâtiments a fait exploser tous les compteurs, mobilisant quelque 850 millions de dollars. Un chiffre à faire pâlir son successeur Donald Trump ! Avec l’ambition de “contextualiser sa présidence”, Barack Obama, premier noir de l’histoire de son pays à avoir accédé au pouvoir suprême, va sans doute relancer le débat sur son héritage mais aussi sur le fait qu’il a été plus actif pour lever des fonds que de faire de la politique ces dix dernières années. Une nouveau regard percutant pour Sans Doute de notre spécialiste des Etats-Unis Gilles Sengès que vous ne lirez pas ailleurs.
Chez Sans Doute nous aimons les contributeurs qui défendent haut et fort leurs convictions. C’est ici le cas avec David Lévy qui s’insurge contre la politique énergétique défendue par la Commission européenne. Après avoir reconnu du bout des lèvres que mener une politique anti-nucléaire était une erreur, voici que Ursula von der Leyen et ses services notifient à la France une lettre d’observations de 102 pages en réponse à la notification par le gouvernement Lecornu à Bruxelles du plan de soutien public français au secteur énergétique de décembre 2025. A l’heure de la crise au Moyen-Orient, des tensions géopolitiques globales, de l’explosion de la demande prévisionnelle d’électricité à l’heure de l’IA, et de la nécessité maintes fois réaffirmée d’une nouvelle « souveraineté européenne », n’y a t’il pas lieu de penser que nous marchons sur la tête ? C’est la thèse défendue avec brio par notre spécialiste de l’énergie nucléaire.