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Depuis plus de vingt ans, les États-Unis traversent une succession de crises économiques, sociales et politiques qui débouchent désormais sur une crise morale. Comme toute crise multidimensionnelle, les causes sont diverses et imbriquées. Les actions de l’administration Trump alimentent cette crise, dont la résolution semble improbable à court terme, même si la démocratie américaine a ses antidotes. Une analyse percutante pour Sans Doute de notre contributeur Xavier Denis, installé à New York depuis plusieurs mois.
1. Les chocs économiques ont été le premier ferment
L’économie américaine a subi trois chocs majeurs au cours des deux dernières décennies, faiblement compensés par les politiques publiques.
Le premier fut la crise financière de 2008, provoquée par l’éclatement de la bulle immobilière et la crise des subprimes. Cette crise, qui s’est propagée à l’Europe, a profondément marqué la société américaine. Les saisies immobilières et les faillites personnelles ont touché des millions de ménages. De cette période sont nés deux mouvements politiques opposés : à gauche, Occupy Wall Street, dénonçant l’impunité du secteur financier et la montée des inégalités ; de l’autre le mouvement Tea Party, critique de la dépense publique et de l’intervention de l’État.
Le deuxième choc est lié à l’intégration de la Chine dans l’économie mondiale après son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce en 2001. Présentée à l’époque Clinton comme une opportunité économique, cette ouverture s’est rapidement transformée en un choc industriel majeur. De nombreuses entreprises américaines ont délocalisé leur production vers la Chine, ou le Mexique. Environ deux millions d’emplois industriels ont disparu dans les régions industrielles notamment la Rust Belt et le Midwest.
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