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Notre contributeur Frédéric Arnaud-Meyer, grand amateur de vie à la campagne, a été marqué, comme nous tous, par le nombre, l'intensité et la violence des incendies qui ont touché la France cet été. Mais une fois les cendres retombées et les invectives de l'instant passées à la poubelle des réseaux sociaux, il a mené l'enquête sur la forêt française avec le recul nécessaire. Fidèle à la promesse de Sans Doute à ses lecteurs, il nous livre ici une analyse toute en nuances, qui loin de désigner un bouc-émissaire facile et commode, nous propose de comprendre la complexité de la situation.
Autopsie d'un soupçon français.
Pinède en cendres,
Chacun montre le voisin.
Le vent, lui, se tait.
À la télévision, la pinède explose en haute définition. Le ciel devient orange, les Canadairs rasent les toits et, avant même que les braises soient froides, chacun sort son coupable de poche : le climat, les propriétaires absents, les écologistes, les chasseurs, le maire ou le voisin qui n'a pas débroussaillé.
Le feu adore les explications simples. La réalité, beaucoup moins.
Je voulais trouver un assassin. Les rapports publics m'ont rendu un cadastre en miettes, une mairie sans moyens, quelques intérêts cynégétiques, des broussailles continues et une météo devenue folle.
Je suis reparti bredouille, et pourtant les mains sales.
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