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Pour son premier texte pour Sans Doute, notre nouveau contributeur Rémi Engrand, doctorant en géographie sociale, spécialiste reconnu de la politique de la Ville et désormais maire-adjoint de Chanteloup-Les-Vignes, revient sur un phénomène social qui a désormais trop souvent tendance à se dissoudre dans le spectacle : la fête. L'occasion pour lui de nous rappeler que réunir une population dans un lieu pour une manifestation festive n'est pas rassembler les mêmes, mais accueillir ceux que tout sépare. Une démocratie se mesure aussi à sa capacité de produire de tels lieux, où des inconnus éprouvent, le temps d'une soirée, une présence commune. Un texte en forme de manifeste pour réapprendre la fête comme un art d'habiter ensemble.
Cette année, la Fête de la musique s'est tenue sous un dôme de chaleur. Alors que de nombreux départements étaient placés en vigilance rouge ou orange, que des villes annulaient ou adaptaient leurs événements et que les recommandations sanitaires se multipliaient, elle a pourtant eu lieu. Beaucoup sont descendus dans la rue chercher l'air, la musique et la présence des autres, que la canicule rendait plus nécessaires encore. Mais dès le lendemain, ce moment collectif s'est trouvé réduit, sur les réseaux et dans les médias, à ses traces les plus visibles : déchets, nuisances, débordements. Et l'on a vu resurgir, comme chaque année, les mêmes images et les mêmes appels à mieux encadrer.
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