Co-concepteur de l’architecture d’Internet, Vinton Cerf vient d’annoncer son départ à la retraite. Au terme d’une fabuleuse carrière, il observe aujourd’hui son œuvre muter sous le poids de l’intelligence artificielle. Derrière le triomphalisme technologique, l’ingénieur dresse le constat froid et tranchant d’une infrastructure menacée par l’amnésie de ses supports matériels et par l’ambiguïté de ses algorithmes génératifs. Refusant le mythe d’une « Singularité omnipotente », il appelle à un retour à la stricte rigueur des protocoles formels. Face à des intelligences artificielles « agentiques » prêtes à communiquer entre elles dans le brouillard du langage naturel, le père du TCP/IP prévient : sans une normalisation mathématique de l’intention et une autodéfense intellectuelle des citoyens, l’industrie numérique s’enfermera dans des jardins clos et provoquera des erreurs systémiques en cascade.
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l est né dans une cité HLM de Créteil et finira peut-être propriétaire de la moitié des monuments historiques de Paris. Entre les deux, Xavier Niel aura tout traversé, les messageries roses du Minitel, une cellule de garde à vue, la révolution Free, la guerre contre Martin Bouygues, l’entrée au capital du Monde, puis l’alliage suprême avec la famille Arnault, en continuant de vendre au public le costume commode du rebelle. Après Bernard Arnault, patriarche du luxe qui a transformé l’héritage industriel en monarchie mondiale, après Matthieu Pigasse, banquier d’affaires de gauche dont les médias finissent parfois par servir ceux qu’ils prétendent combattre, Niel incarne peut-être la synthèse la plus cynique du capitalisme français contemporain : l’enfant du numérique qui a compris que le pouvoir ne se conquiert pas seulement en cassant les prix, mais en achetant les tuyaux, les journaux, les murs, les réputations et les alliances. Voilà pourquoi il fallait, en tant que directeur de la publication de Sans Doute, compléter mes deux éditoriaux précédents par le portrait de cet homme qui a transformé la transgression en marque commerciale, la respectabilité en bouclier et l’irrévérence en numéro de communication. Bref : un rebelle devenu propriétaire du système, et assez habile pour continuer à se faire applaudir comme s’il le combattait.
Putain, six mois que je traque les sorciers de la viralité comme un obsédé. Pas pour les dénoncer, mais, au contraire, pour voler leurs sorts. Mon bureau ressemble à celui d’un profileur du FBI : photos de Casey Neistat punaisées au mur, graphiques de croissance virale partout, post-it fluorescents qui dessinent la carte du génie digital.
Mes chers sapeurs-démolisseurs de la beauté,
SITUATION : Vous faites face à un ennemi plus coriace que le troll basique. Un spécimen qui débite des discours GONFLÉS, des slogans VIDES, des promesses CREUSES. Bref : une baudruche populiste en pleine expansion.
Le Haïku au Vitriol ne suffit plus. Il faut sortir l’artillerie lourde.
Aujourd’hui, je vous enseigne le Soufflé d’Authenticité : l’art de faire exploser les discours à l’air chaud par simple injection de réalité brute.
Technique développée après 28 ans à désamorcer les bullshits marketing. Efficacité garantie ou remboursé.