Dans un texte récemment publié dans Persuasion — l’une des rares revues américaines qui défend encore un débat public apaisé — Francis Fukuyama s’interroge sur les racines de la crise démocratique contemporaine : « It’s the internet, stupid ! ».
Il y voit la clé du basculement populiste américain. Et si, comme souvent, la France n’était qu’à dix ans de retard sur cette dérive, cela n’aurait rien de rassurant.
Digital
Tag
Pour Sans Doute, en collaboration avec Cybernetica, Tariq Krim livre un diagnostic sans complaisance des insuffisances criantes des politiques publiques sur la question essentielle de la souveraineté numérique. Parmi toutes les crises de l’action publique et dans l’environnement hostile qui est le nôtre en Europe occidentale quel que soit le côté vers lequel nous nous tournons, celle-ci est loin d’être la moins grave.
Pour la première fois, les réseaux sociaux ont dépassé la télévision comme principale source d’information des Américains. Ce basculement n’est pas anodin : le forum s’est mué en fil, l’agora en algorithme. Ce que l’on célébrait naguère comme la démocratisation du savoir devient son paradoxe : un espace collectif en apparence, mais où chacun vit dans une bulle de réalité personnalisée.