Antisémitisme

Tag

La lèpre antisémite ne revient pas : elle n’est jamais partie

J’ai 61 ans. Je suis de la génération « Touche pas à mon pote ». Une autre époque. Un autre siècle. Cette génération croyait benoîtement l’antisémitisme français enseveli dans les livres d’histoire, de Drumont à Vichy, à l’exception de quelques nationalistes-révolutionnaires illuminés, de certains cercles catholiques intégristes et d’excités entourant Jean-Marie Le Pen ou Dieudonné, sans oublier bien sûr justement le fondateur du Front national. Elle croyait aussi que personne à gauche ne pouvait être antisémite depuis le ralliement de Jaurès à la cause dreyfusarde. Elle se trompait. Deux sondages Ifop de 2026 sonnent comme une alarme : chez les jeunes qui connaissent Alain Soral, ses idées ne sont plus marginales. À gauche, un tiers des personnes approuvent des propos qu’elles identifient elles-mêmes comme antisémites, autant qu’à droite. Le poison n’a pas disparu : il a changé de flacon. Extrême-droite, complotisme numérique, obsessions anticapitalistes, antisionisme parfois devenu haine des Juifs : l’antisémitisme circule, se travestit et prospère dans les aveuglements de chaque camp. Le nommer partout où il surgit, sans « mais » et sans alibi, ce n’est choisir aucun camp : c’est choisir la République. C’est pour cela que, directeur de la publication de Sans Doute, je prends à nouveau la plume sur ce sujet, au nom d’une intransigeance nécessaire sur nos valeurs.

Israël et le monde : le procès des deux consciences 

Vingt-cinq minutes d’ovation à la Mostra de Venise d’un côté, des menaces et des manifestations devant le domicile des parents de l’une des réalisatrices, de l’autre. Le film NAZA, « victimes collatérales » en hébreu, ne laisse personne indifférent. Fondé sur les témoignages anonymes de vingt-quatre militaires ou membres des services israéliens, le film de Yuval Abraham et Rachel Szor qui sort demain en France pour deux jours avant sa mise en ligne à titre gracieux par le « Guardian », interroge la conduite de la guerre à Gaza. Elie Elkaim, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats du canton de Vaud et ancien président de la LICRA suisse, voit dans cette polarisation extrême le révélateur de deux aveuglements : celui d’une peur juive ancienne, ravivée par le 7 octobre jusqu’à en devenir pathologique, et celui d’une condamnation d’Israël par un Occident qui se croit à l’abri de tout soupçon. Une tribune exigeante, loin des anathèmes des réseaux sociaux et des cris de haine entendus dans les manifestations, qui s’adresse aux deux camps.

Kippour : laissez les Français juifs être simplement juifs

À l’heure où les juifs du monde entier célèbrent Kippour, le jour du Grand Pardon, il est difficile de ne pas penser à la solitude dans laquelle se trouvent aujourd’hui nombre de nos concitoyens juifs. La haine en ligne ou dans la rue, la libération d’une parole que l’on croyait reléguée au passé, et plus profondément l’assignation identitaire dont ils sont l’objet rendent la situation actuelle intenable pour tous les hommes et les femmes de bonne volonté. Voilà pourquoi je prends la plume au nom de Sans Doute. Une plume tenue par un Français ni juif, ni musulman, ni catholique, ni protestant, mais élevé dans le culte des Lumières et inquiet de voir revenir, sous des habits parfois savants, de vieux obscurantismes.

L’antisémitisme recyclé

En ce début d’année 2026, en exclusivité pour Sans Doute, Dominique Schnapper partage son inquiétude sur les ravages d’un antisémitisme toujours plus présent et qui prend désormais à peine le soin de se cacher. Sous couvert d’ un « antisionisme » bien commode et d’autres oripeaux modernisés qui ne trompent personne, la vieille haine millénaire du juif progresse à nouveau. Il est temps de sonner le signal d’alarme et de se souvenir de la formule si juste de Frantz Fanon, « quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous ».

Le retour de l’antisémitisme de gauche 

Le 25 mars, à l’Assemblée nationale, la ministre Aurore Bergé s’est gravement exprimée sur l’antisémitisme ; affirmant que « l’antisémitisme en France, aujourd’hui, ce sont deux chiffres et trois lettres ; deux chiffres : 1570 actes antisémites en 2024 […] et trois lettres : LFI ».

Lutte contre l’antisémitisme: ne jamais cesser le combat

Jeudi 13 février, se tenaient à la Maison de la Radio, les Assises de lutte contre l’antisémitisme, voulues par la ministre Aurore Bergé. Celle-ci a toujours clairement affiché sa volonté dans ce combat. Nulle opération de « com » dans cette affaire mais une sincérité et une réelle envie de sauvegarder ce qui peut l’être.

NEWSLETTER

Inscrivez-vous !