Partager cet article
Notre pays est sous la pluie et les nuages depuis des semaines…le soleil n’est plus qu’un lointain souvenir. Mais fidèle à ses habitudes, Jean Brousse nous donne plus dans sa chronique bimensuelle au style inimitable, une synthèse de la météo des évènements mondiaux vue de ces villages dont le nom se termine le plus souvent en -ac, cette France rurale qui se bat pour survivre.
Les semaines se suivent et se ressemblent, -ou non ?-. Allez savoir ? En tous cas, le climat, dans toutes ses dimensions, reste exécrable. La pluie s’installe avec détermination, et le moral des Français suit la courbe de popularité du Président. J’exagère. De temps en temps, très rarement, un timide rayon de soleil tente une percée non convaincante, un échantillon de ciel bleu vient nous narguer, on ose une terrasse et bien vite il convient de retourner aux abris, un peu plus frustrés, réfrigérés, tristes et grimouillés. Dans tous les coins de France, ça déborde.

Sale temps pour le moral !
Les efforts des médias pour nous distraire achoppent sur notre lassitude, les troubles mondiaux et les conjectures fuyantes. Il semble bien que ça chauffe entre la mer d’Arabie et le détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la révolution gardent la révolution, les ayatollahs comptent sans frémir les dizaines de milliers de victimes des massacres sanglants perpétrés sur la terre iranienne et font un bras d’honneur à l’invincible armada dont le trumpissime Donald se demande bien ce qu’il peut faire, coincé entre les obsessions israéliennes, les inquiétudes des pays du Golfe, l’allant et le gout avec lequel les « Pasdarans » se tiennent » prêts à ré-intervenir à leur façon, les misères que lui font ses « ICEs » d’élite, et les élections de mid-terms qui se dessinent dangereusement, mais sûrement.
Sale temps pour l’empereur !
L’Iran, héritier de la Perse antique, civilisée et cultivée, n’est pas le Venezuela. On aurait dû l’en informer. Le fanatisme enchaîne ses débordements. Quand reverrons-nous les roses d’Ispahan, quand rejoindrons nous Shéhérazade, née pour être libre ? Il va bien falloir protéger de la rouille le porte-avions USS Abraham Lincoln ! Ça doit bouillir sous une mèche blonde ! La preuve, il y a quelques jours qu’on n’entend -presque- plus la Maison Blanche ? Pendant ce temps, l’impénétrable Vladimir Poutine, après avoir fait semblant d’arrêter quelques instant les combats sur la ligne de fond ukrainienne, redouble ses bombardements. Tous terroristes ! En attendant, et pour alimenter les chaines d’information en continu, les émissaires de tous les pays impliqués ou concernés (Le savez-vous ? Dans les œufs au bacon, la cocotte est concernée, le cochon, lui, est sérieusement impliqué) n’arrêtent pas de se téléphoner et de se réunir pour décider de la date et du lieu de la prochaine réunion.
Sale temps pour le bilan carbone !
Le bon Dieu a lâché le manche à balai. Le monde est devenu une impressionnante cour de récréation où les balles ont remplacé les billes, au prétexte que « c’est toi qui a commencé le premier, Na ! ». Pourtant ça y est, à force de ruse « lecornesque » et de fatigues parlementaires éprouvantes, la France a un budget. Alléluia, on n’y croyait plus ! Personne ne sait exactement ce qu’on y trouve, mais plus personne n’en parle.
La campagne pour les élections municipales démarre fort à Paris, entre invectives et noms d’oiseaux. Dans nos campagnes, l’affrontement se fait souvent moins rude. Les « listes se dévoilent », étonnent parfois.
La mode des binômes « édilaires » se propage à l’envie. Le « Une paire pour Maire » devient à la mode. On commente, on s’écharpe, on s’impatiente. Mais on se connait, ce qui amortit les secousses. Nos élites nationales, toujours avec un train d’avance, ne se préoccupent guère que de la prochaine échéance présidentielle. Les candidats déclarés ou présumés poussent comme des champignons. Comme le dit un sachant bien informé, il y aura bientôt plus de candidats que d’électeurs ! Primaires, pas primaires, tirage au sort, courte paille ou chamboule tout, faudrait savoir. Alerte : quelqu’un s’occupe-t-il des préoccupations des citoyens ? Qu’ils se débrouillent entre les crimes quotidiens devenus banals, les cyberattaques généralisées, les agressions sexuelles, les violences, les refus d’obtempérer, et autres inquiétantes incivilités.
Sale temps pour la démocratie !
Point trop encore chez nous, dans nos campagnes : « Les associations font vivre les villages » titrait la Montagne le 13 janvier dernier, prenant pour exemple la modeste commune de Merlines, au nord de la haute Corrèze, aux confins de la Creuse, le Puy de Dôme et le Cantal ; sept cents âmes, cinq cents électeurs. Certes, les commerces s’éteignent, mais on y affiche au moins douze associations dynamiques qui prennent le relais et animent le bourg. « Pétanque, foot, rugby, comité des fêtes, vielles ferrailles … ». Ca bouge autant l’hiver que l’été » dit-on.
Autre exemple : l’année dernière, lors du grand jury du Prix de la Démocratie (créé par le centre Marc Sangnier, repris par Ouest France), se présentait une petite commune de Dordogne, Verteillac, cinq cent âmes que le maire, un jeune entrepreneur retraité, a su mobiliser, en les regroupant, élus ou non, autour de quelques projets vitaux. Quatre ou cinq commerçants se sont installés dans le village. Un centaine d’évènements annuels ont été produits. Quelques dizaines de nouveaux habitants se sont installés … Il n’est pas rare de voir éclore ici ou là quelque épicerie ou quelque bistrot, quelques librairies rurales s’installer. Ou quand l’envie de faire ensemble donne des résultats.