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La "crise du progrès" est un sujet essentiel qui occupe intellectuels, chercheurs mais aussi tous les 'honnêtes hommes" depuis au moins le suicide européen qu'a été la Première Guerre Mondiale et son cortège d'horreurs. Le reste du XXème siècle ayant également tenu toutes ses promesses si l'on suit cet indice, la notion n'a jamais perdu de son acuité, renouvelée aujourd'hui par l'emprise des entreprises de technologies américaines ou chinoises qui modèlent nos comportements. L'occasion pour Catherine Malaval de proposer aux lecteurs de Sans Doute une analyse sur le reflux de l'idée même de progrès en ce début de XXIème siècle.
Quelques courbes présentées dans le livre À l’assaut du réel de Gérald Bronner m’ont récemment arrêtée. Issues de Google Ngram Viewer, elles montrent un déclin net et continu de l’usage du terme "progrès" dans les livres depuis les années 1960, en français, en allemand, en italien et en espagnol. Alors que nos sociétés sont plus technologiques que jamais, le progrès a disparu du vocabulaire, et cela dans de nombreux pays simultanément.
Un terme peut-il disparaître quand la réalité qu’il désigne semble s’accélérer ?
"Progressus" en latin signifiait simplement une marche en avant. Il fut un temps où des journaux, des cafés ou des sociétés d’entraide le choisissaient pour étendard. Je me souviens d’une expression que l’on entendait souvent. Quelqu’un apprenant la disparition d’un commerce de quartier ou l’apparition d’une nouvelle machine, lâchait, mi-résigné, mi-ironique : « On n’arrête pas le progrès. » Poussé par une force inéluctable, le monde allait de l’avant même lorsqu’il faisait disparaitre quelque chose.
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