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Depuis trente ans, l’Europe perfectionne son arsenal juridique contre la corruption. Mais face à la persistance du phénomène qui gangrène vie des affaires et vie politique, peut-être est-il temps de se demander si nous combattons encore le phénomène … ou seulement ses manifestations ? Une nouvelle analyse éclairante pour Sans Doute de notre contributrice Karine Schaub, spécialiste de la lutte contre le blanchiment.
L'Hydre avait un avantage considérable sur Héraclès : elle ne se fatiguait jamais. Chaque tête tranchée en faisait naître de nouvelles. Le héros pouvait multiplier les coups d'épée, le combat restait sans fin tant qu'il s'acharnait sur les conséquences plutôt que sur le mécanisme qui les produisait. Il ne triompha qu'au moment où il comprit qu'il ne suffisait plus de frapper ; il fallait s'attaquer à ce qui permettait aux têtes de renaître.
La lutte contemporaine contre la corruption donne parfois le même sentiment. Depuis plus de trente ans, conventions internationales, législations nationales, autorités spécialisées, obligations de vigilance, registres de bénéficiaires effectifs, dispositifs d'alerte, cartographies des risques et programmes de conformité se succèdent à un rythme soutenu. La nouvelle directive européenne (UE) 2026/1021 s'inscrit dans cette continuité en harmonisant les infractions de corruption, en renforçant les sanctions et en développant encore les dispositifs de prévention au sein des organisations.
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