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Bruno Alomar, auteur de La réforme ou l’insignifiance : 10 ans pour sauver l’Union européenne , et chroniqueur régulier de Sans Doute, nous livre son analyse sur le danger majeur qui guette l'Union Européenne: la fin du consensus transpartisan au niveau européen pour faire fonctionner cet ensemble hybride, cette création juridique "sui generis" qui refuse de dire son son nom entre fédéralisme ( monnaie, commerce, concurrence) et confédération d'Etats souverains. Pour notre contributeur, il est évident qu'à la lumière des prochains scrutins nationaux, comme des choix effectués aujourd'hui par les principaux responsables européens, cette ambiguité a vécu : la technocratie devra laisser sa place au politique, au risque de détruire les acquis de 70 ans de construction européenne.
Le président du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen, Manfred Weber, a déclaré en ce début d’année 2026 : « l’Europe s’est droitisée : il est temps que les centristes en fassent autant ». Cette déclaration a fait l’effet d’une bombe dans la bulle européenne, car elle percute l’équilibre parlementaire européen qui a vu les partis de centre-gauche (Parti Socialiste Européen – PSE, Verts) de centre (RENEW aujourd’hui) et de centre-droit (PPE) exercer ensemble le pouvoir depuis 1979, date de la première élection du Parlement au suffrage universel. Dit plus simplement : après chaque élection européenne, ces partis, bien que s’étant opposés durant la campagne électorale, s’accordaient pour légiférer ensemble. Ce temps est révolu.
Quoi de plus naturelle – et de plus souhaitable - qu’une Europe politique dirait-on, notamment en France où l’on réclame, tous partis confondus, depuis des décennies que l’Union européenne fasse moins de droit du commerce, de droit de la concurrence et plus de politique commerciale, de politique de la concurrence etc. ? Jean-Claude Juncker, en 2014, avait le premier endossé l’idée d’une « Commission politique ». Ursula Von der Leyen, franchissant une étape supplémentaire, avait déclaré lors de son discours d’investiture au Parlement européen de juillet 2019 que sa Commission serait « géopolitique ».
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