En quelques regard ascérés sur notre monde – celui d’avant et celui d’après – Sylvains Levy dresse les grandes lignes d’un avenir qui ne sera ni tout à fait un autre, ni tout à fait le même, pour peu que nous en ayons le courage.
Pour la première fois, les réseaux sociaux ont dépassé la télévision comme principale source d’information des Américains. Ce basculement n’est pas anodin : le forum s’est mué en fil, l’agora en algorithme. Ce que l’on célébrait naguère comme la démocratisation du savoir devient son paradoxe : un espace collectif en apparence, mais où chacun vit dans une bulle de réalité personnalisée.
Un chirurgien célèbre, évoquant ses trois fils, dit un jour : « Le moins doué j’en ferais un chirurgien, dès qu’il saura comment faire, il n’aura plus qu’à répéter. Du second, un peu plus malin, j’en ferais un écrivain pour qu’il puisse rêver. Et du plus intelligent, j’en ferais un jardiner car lui seul saura reconnaître la chance qu’il a ». Il en va ainsi des nouveaux collectionneurs. Ceux qui savent donner une âme aux objets, en les partageant avec ceux qui savent les voir. Assurément, Sylvain Levy est de ceux-là.
L’article de Frédéric Arnaud-Meyer brille par son énergie, mais pèche par son excès. Oui, les géants américains de la tech exploitent nos lenteurs réglementaires ; oui, l’Europe se complaît trop souvent dans une rhétorique de précaution. Mais réduire la situation à une manipulation diabolique, c’est céder au confort du complot plutôt que d’affronter la complexité.