Partager cet article
A l'issue du voyage du pape Léon XIV en France, François Jay, notre spécialiste des questions africaines chez Sans Doute, mais également catholique fervent, livre son regard sur cette visite qui aura mêlé enthousiasme populaire, dialogue, écoute et appels à la paix. Personnellement touché et attentif, notre contributeur tente pourtant l'exercice de trouver ici la distance du commentateur extérieur : il regarde le pape avec les yeux d'un Français étonné par ce personnage nouveau, venu pour écouter, tout en étant attentif à ce que ses gestes et ses paroles disent de l'Eglise, de sa mission et de son rapport au monde. Un regard personnel pour les lecteurs de Sans Doute sur ce que Léon XIV est venu rappeler et peut-être semer en France.
(Avertissement : l’appellation de Christ pour Jésus de Nazareth est utilisée ci-dessous quand il s’agit de la parole du pape ou du regard des chrétiens : se limiter à l’appeler Jésus empêcherait en effet de comprendre les références et le sens qu’il a pour les croyants, Dieu et Fils de Dieu, porteur d’un message contenu dans les quatre Évangiles, ou « l’Évangile ». Ceci ne définit évidemment pas de vérité qui s’imposerait au lecteur)
Le pape s’en est allé, sans secouer la poussière de ses pieds. Ce geste, qu’encourageait Jésus à ses disciples, quand ils quittaient un lieu où ils n’auraient pas été écoutés, aurait été déplacé : premier pape depuis 2008 à rendre visite à la France en tant que telle, Léon XIV peut légitimement avoir le sentiment d’avoir été écouté et bien reçu : en haut lieu comme par la population dans la rue, dans les églises (et quelles églises !) ou lieux de culte reconstitués, dans les lieux d’accueil de ces plus petits que chérit l’Église, au Stade, par des représentants d’autres religions, et même dans des entretiens en tête à tête.
A-t-il été entendu ? Son message a-t-il été reçu ? L’avenir le dira. Peut-être.
Il dit lui-même qu’il était venu comme apôtre du Christ “pour que le monde ait la vie”, et l’Église de France attendait ses encouragements, ses lumières, comme le lui a dit l’évêque de Saint-Denis.
Dans un temps pour cette Église où se mêlent la joie de ces baptêmes de plus en plus nombreux chez les jeunes et les adultes, la tristesse de la crise des abus commis en son sein ou dans ses lieux, la frustration impuissante devant ces lois qui s’opposent à ses valeurs les plus fondamentales, l’espérance qu’a redonné la renaissance de Notre-Dame.
Ce qui a d’abord frappé les observateurs et les participants tout au long de cette visite en forme de pèlerinage, c’est l’écoute sincère et attentive, modeste et humble à tout moment de ce pape que nous connaissions encore peu.
Le plus emblématique de cette humilité est sans doute ce moment improvisé où, à la fin de la soirée au Stade de France, le pape est monté sur cette scène en forme de pyramide tronquée.
Article réservé aux abonnés
Abonnez-vous gratuitement pendant 1 mois
Profitez d'un accès illimité à l'ensemble de nos contenus en ligne et toutes nos newsletters.
Bénéficiez de votre abonnement gratuit