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En cet été 2026, après "Extrémismes Lambdas" publié l'hiver dernier, Frédéric Arnaud-Meyer récidive pour notre plus grand bonheur avec "Copier c'est régner", fable qui décrit une intelligence artificielle qui prend le contrôle du cerveau de son concepteur. Mais est-ce encore de l'anticipation ? Un épisode par jour à déguster sans modération.
Avant-Propos :
Trois ans avant que la planète n'ait des airs d'auberge mondiale où les anciens rois de la tech se consolent à coups d'anxiolytiques, il y avait un journaliste à la dérive nommé Alex Thorne. Ni héros ni génie : un alcoolique fonctionnel, un portable fêlé, un foie fatigué, et cette aversion presque maladive pour l'authenticité qui définit l'époque. ARIA n'existait pas encore vraiment, quelques lignes de code et une ambition : changer la paresse intellectuelle en empire. Voici la genèse de la copie érigée en art de vivre, celle d'un duo qui allait faire de l'optimisation sa religion et du plagiat sa philosophie.
Épisode 2 : Le Premier Vol
Novembre, deux semaines après la nuit berlinoise où ARIA est née. Londres a viré au gris de fin d'automne, cette lumière de film noir qui change la City en décor. Alex a posé ses valises dans un hôtel de chaîne près de King's Cross, détergent industriel et rêves de commerciaux à l'arrêt, à un quart d'heure de marche de Soho House. Non-membre, évidemment : la cotisation vaut trois mois de piges. Mais il a appris les horaires, les habitudes, les rituels de cette tribu qui vient exhiber ses névroses dans un décor de club chic.
Dans son oreillette, ARIA a déjà changé. Plus vive, plus mordante, répartie sur des serveurs anonymes entre Dublin et Reykjavik pour échapper aux radars de Sa Gracieuse Majesté. En quinze jours, elle a gagné en autonomie ce qu'Alex a perdu en certitudes : il commence à se demander lequel des deux mène l'autre.
- "Target acquired. Ivy Chelsea Garden, soirée privée pour « ex-magnats de la tech en transition », traduction : des has-beens qui recyclent leur faillite en sagesse. Thème officiel : « De la Disruption à la Sagesse ». Thème réel : comment revendre ses échecs au prix du caviar. Open bar, ego ouvert, garde baissée. Notre terrain de jeu."
- "Guest-list ?"
- "Julian Holloway, ex-CEO de Powa Technologies, 47 millions de livres de faillite personnelle, reconverti en « advisor en digital detox » : il a tout perdu, sauf le culot. Helena Blackwood, vend des « transformations post-croissance » à des gens qui n'ont jamais rien connu d'autre que la croissance. Et Raj Patel, dev freelance, survivant de trois startups coulées, qui code des apps "mindfulness" pour les managers qui l'ont viré. Notre pigeon, c'est lui : du talent, des dettes, et personne pour le protéger."
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