Partager cet article
À Changsha et Shenzhen, des entreprises entraînent des humanoïdes à partir des gestes humains. Mais que reste-t-il d’un savoir-faire lorsque la main devient donnée — et que la transmission se confond avec l’enregistrement ? Après le football hier grâce à Marc Lipskier, Sans Doute explore aujourd'hui grâce à Sylvain Lévy cette obsession à vouloir tenter de donner aux robots humanoïdes tout le savoir-faire de l'homme, comme pour mieux préparer notre disparition. Est-ce vraiment cela que nous voulons ? Un nouveau texte essentiel pour réfléchir à l'avenir de notre civilisation.
Dans une enquête consacrée aux humanoïdes chinois, entre Changsha et Shenzhen, un objet mérite d’entrer au musée des ruses humaines : un sac à dos équipé de gants et d’un casque à caméras, vendu par une entreprise de Guangzhou. L’ouvrier l’enfile, exécute son geste, et transmet en temps réel la donnée qui servira à dresser l’humanoïde accroché juste à côté de lui sur la ligne. On fait porter au maître l’appareil qui fabriquera son remplaçant. Diogène cherchait un homme avec sa lanterne ; nous, nous équipons l’homme d’une lanterne pour qu’il s’enregistre lui-même avant disparition.
Article réservé aux abonnés
Abonnez-vous gratuitement pendant 1 mois
Profitez d'un accès illimité à l'ensemble de nos contenus en ligne et toutes nos newsletters.
Bénéficiez de votre abonnement gratuit