Partager cet article
Au moment où la Cour des Comptes lance une nouvelle alerte sur la situation des finances publiques françaises, teintée d’une urgence plus marquée qu’à l’accoutumée, la campagne présidentielle est déjà lancée. Les marchés financiers pourraient contraindre – enfin ! - les candidats à l'élection suprême à embrasser à bras le corps ce sujet avec le retour probable de tensions illustrées par le « spread », c’est-à-dire l’écart de taux d’intérêt sur la dette entre la France et l’Allemagne. Une analyse sans concession de Xavier Denis pour Sans Doute.
Depuis le lancement de l’euro, le ratio dette publique -au sens des administrations publiques (État, Sécurité sociale, collectivités locales) - rapporté au PIB a crû de 54 points en France, pour atteindre 117,5% du PIB à la fin du premier trimestre 2026, une hausse considérable, quasi-interrompue et sans équivalent en Europe (+ 3 points pour l’Allemagne, +24 points pour l’Italie, + 34 points pour le Portugal, +39 points pour l’Espagne sur la même période).
En tendance, ce ratio progresse régulièrement de 2 à 3 points par an, accroissant cet effet boule de neige. En conséquence, tout report de l’ajustement structurel indispensable des finances publiques en accroit en réalité la sévérité et le coût.
Cette situation est le produit de déficits qui se sont creusés tendanciellement. Depuis 1999, année de l’introduction de l’euro, la France a connu une dégradation de 6 points de son solde primaire (c'est-à-dire du solde hors charge d'intérêts de la dette) et de plus de 5 points de son solde structurel (c'est-à-dire le solde budgétaire corrigé des effets du cycle économique), une dégradation sans équivalent en Europe.
Article réservé aux abonnés
Abonnez-vous gratuitement pendant 1 mois
Profitez d'un accès illimité à l'ensemble de nos contenus en ligne et toutes nos newsletters.
Bénéficiez de votre abonnement gratuit