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« Le vent d’Est l’emporte sur le vent d’Ouest », se plaisait à affirmer Mao. Aujourd’hui, pourtant, dans le contexte du conflit iranien, la reflation occidentale semble souffler beaucoup plus fort que la déflation chinoise. La crise énergétique ouvre la voie à une reconfiguration des équilibres toute aussi historique que celle engendrée par la chute du Mur de Berlin. David Baverez nous offre, pour Sans doute, les raisons d’un bouleversement annoncé.
Bien qu’affiché autour de 100 dollars sur les écrans des traders, le baril de pétrole physique s’échange actuellement entre 150 et 200 dollars à Singapour. Si vous avez l’infortune d’être sri-lankais, comptez 260 dollars !
Tout directeur des approvisionnements en Asie vous confessera que les prix dans la pétrochimie sont en hausse de 50 %. Dans les semi-conducteurs, à la suite de la pénurie d’hélium, la question porte moins sur la hausse des prix – de l’ordre d’au moins 15 à 30 % – que sur la sécurité des achats.
Le marché mondial des smartphones, attendu initialement à 1,5 milliard d'unités en 2027, est en train d’être revu à la baisse d’un tiers, à seulement 1 milliard, éradiquant l’offre bas-de-gamme. Le vent de panique chez les industriels asiatiques se résume en une phrase : « Nous sommes de retour à la situation de sortie du Covid ! ».
Comme en 2022, gouvernements et banquiers centraux vont s’allier dans le mensonge d’une inflation seulement « transitoire », liée à « une exception ponctuelle ». Quitte à torturer les indices, pour en exclure tous les services sous forte pression inflationniste, alors que la hausse des prix ressentie par les populations sera à deux chiffres.
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