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En douze mois, la présidence Trump II a opéré deux ruptures simultanées : à l’extérieur, une fracture assumée avec l’Occident qui isole Washington de ses alliés historiques ; à l’intérieur, une dérive illibérale qui banalise l’arbitraire exécutif. La Stratégie nationale de sécurité (NSS) publiée le 5 décembre 2025 entérine ce tournant, mais elle n’en est que l’un des instruments — la pratique du pouvoir en est le véritable révélateur nous explique Sylvain Kahn.
Depuis 1947, les États-Unis s’étaient définis comme la cheville ouvrière d’un ensemble transatlantique. L’an I de Trump II rompt avec cet héritage. Des partenaires d’hier, l’administration américaine au pouvoir aujourd'hui à Washington ne parle plus comme d’alliés ; elle les traite en variables d’ajustement d’une stratégie d’abord tournée vers l’hémisphère occidental et la puissance intérieure. La nouvelle stratégie nationale de sécurité publiée le 5 décembre dernier (NSS) le dit sans ambages : « Le but de la politique étrangère est la protection d’intérêts nationaux essentiels ; c’est l’unique objet de cette stratégie. »
La conséquence s’observe d’abord en Europe. Le lien transatlantique n’est plus un cadre structurant, mais une relation conditionnelle — financière, stratégique et désormais idéologique. La traduction française précise du document publiée par Le Grand Continent souligne un objectif inédit pour un texte officiel américain : « cultiver, au sein des nations européennes, la résistance à la trajectoire actuelle de l’Europe ». Cette mise à distance fragilise l’ensemble occidental et isole Washington de ceux qui, de l’Union européenne au Japon, à la Corée du Sud, à l’Australie, à la Nouvelle‑Zélande ou au Canada, formaient avec lui la communauté des démocraties libérales.
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