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En levant 10 milliards d’euros à 20 ans, massivement souscrits par des investisseurs étrangers, la France a confirmé une dépendance stratégique. Défense, industrie, diplomatie : trois signaux récents suggèrent que le prix réel de notre dette dépasse largement son taux affiché. David Baverez revient ainsi pour Sans Doute sur les conditions réelles du financement de la dette publique française qui sont pour le moins inquiétants.
Le début d’année 2026 a vu l’État français lever « avec succès » 10 milliards d’euros de bons du Trésor à 20 ans – une première ! – ce dont Bercy n’a pas manqué de de se féliciter. Seul caveat, d’après Les Echos : 87 % des acheteurs seraient des non-résidents. Est-ce là un problème ? Trois développements récents, actant de l’accélération du déclin de la France, apportent un élément de réponse.
Le premier concerne l’abandon par l’Allemagne du SCAF, le futur avion de combat européen. Motif officiel : le projet français, adapté à notre porte-avions et nos armes nucléaires, ne répondait pas aux besoins allemands. Pourtant, la Bundeswehr avait dès 2017 déclaré s’en accommoder. Le véritable enjeu est, en réalité, celui du leadership de l’industrie de la défense européenne. L’Allemagne, grâce à ses marges de manœuvre budgétaires, compte bien se l’arroger, avec le soutien des Britanniques et des Italiens, aux dépens de la France. Pari industriel pour le moins douteux : Airbus peine encore, en 2026, à retrouver sa cadence de production civile de 2019, alors que Dassault Aviation est en passe de doubler sa production militaire en seulement 3 à 4 ans.
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