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On aurait pourtant bien besoin d’un petit remontant ! Avec sa verve habituelle, notre chroniqueur corrézien Jean Brousse passe les montagnes russes de la géopolitique mondiale sous l’influence de celui qui se prend pour le Maitre du monde, au tamis de la vie de son petit village si français engoncé dans l’hiver. A déguster sans modération…
César Donaldus Trumpus, à la une de tous les journaux, en aura fait un maximum cette semaine. Qu’y peut notre Manix Macronix à nous à la recherche de la potion magique ?
En deux temps trois mouvements, après avoir réduit le Venezuela (à voir !)) et menacé d’envahir le Groenland, depuis le club house de Mar al Largo, transformé, comme le clinquant bureau ovale de la Maison Blanche, en super studio de téléréalité, Donald Trump agite son sceptre et s’en vient – à un malaise d’Air Force One près – squatter le World Economic Forum de Davos. Le gratin d’antan de la puissance économique mondiale – le croient-ils encore ? – n’en revient pas. Bouche bée, ils écoutent, pour ceux qui ont pu obtenir le graal, un laissez-passer pour l’office envahi par la cour, le World Wide gourou leur expliquer qu’il est le maitre incontestable, le chef, le patron, le roi du monde, voire l’empereur.
Plutôt le « parrain », au moins, tel qu’il est, un peu comme on en a connu naguère à Chicago ? Pour le premier anniversaire de « Trump 2.0 » la mèche en bataille et la lippe arrogante, cravate rouge au vent, Il en profite pour lancer son nouveau Conseil pour la Paix, organisation tout à fait privée à un milliard de dollars le droit d’entrée, histoire de concurrencer l’encombrante ONU. La télévision russe encense « Trumpushka ». What else ?
Au moins son intervention aura cette année sauvé Davos toujours soucieux d’exister en marge de la prestation du nouveau roi du pétrole. Les pseudos puissants du monde ne sauraient-ils plus quoi dire ou quoi faire ? Merci Donald ?

Après avoir annoncé la guerre si on refusait de lui vendre le Groenland – remember Caracas – et redecréter des droits de douane inacceptables pour les productions françaises et celles de quelques pays européens amis, il fait volteface, négocie avec un Danemark qui n’entend pas se faire croquer, et revient sur la punition promise à la France. Les viticulteurs et Bernard Arnault respirent … Pour un temps ? On n’en est pas à un revirement près du Maître du monde. Il avance un porte-avions à une portée de canon d’un Iran sous tension et négocie une nouvelle fois à Abu Dhabi la fin du conflit entre l’Ukraine et la Russie. Il semblerait qu’on en soit à nouveau presque près. Chiche ! Voilà bien longtemps qu’on n’entend plus l’ami Vladimir Poutine qui continue, tranquille, de déverser chaque soir sur Kiev une pluie de bombes. S’inquiète-t-il pour ses « proxys » ? Il n’en faut pas plus pour que l’Europe, vilipendée sérieusement par Volodymyr Zelynsky, tente de se réveiller. Alléluia ! Emmanuel Macron tout lunetté de bleu s’agite de nouveau dans ce domaine plus à sa mesure, maintenant que le rusé marathonien Sébastien Lecornu a bouclé son budget sans passer à la trappe. Comme le dit Claude Malhuret : « Je dépense, donc je suis ». Emmanuel Macron, non sans une certaine efficacité pour le vieux continent, rappelle les quinze soldats prévus pour la banquise.
Les villages sont encore bien assoupis dans leurs campagnes, passé le temps des traditionnelles galettes, et des repas des anciens. Ils étaient plus de cent au Lonzac, dans une joyeuse ambiance, sans doute attirés par l’arrivée des prochaines élections municipales. On a bien vu quelques conciliabules et quelques approches, mais rien n’aura transpiré entre le foie gras et sa pomme caramélisée et les pommes dauphine du rôti de veau … Les électeurs en sont pour leurs frais. Les futurs candidats sont toujours – presque – inconnus. Ceux qui croient savoir ne pipent pas mot ! Entre deux « trous corréziens », les passionnés de valse, de madison et de paso doble se déhanchent sur la piste au son de l’accordéon.
Au café du matin, l’ambiance est morose. Une certaine inquiétude sur l’état du monde plane comme un écho du gris du ciel. Là aussi, on attend avec patience et sans illusions le dépôt des listes et les programmes électoraux. Heureusement que Brive a mis vendredi soir une pâtée à Béziers dans la seconde période, même si le match n’était pas très excitant. La Montagne ressasse l’histoire du loup en Corrèze. Certains éleveurs de brebis et d’agneaux envisagent d’arrêter l’activité quand les défenseurs acharnés du canidé crient – à voix basse – victoire. D’autres persistent et s’adaptent, et apprennent à cohabiter avec les patous. Les agriculteurs ont rangé leurs tracteurs. Jamais la viande sur pied ne s’est vendue aussi cher. Les réjouissances du moment se font rares, entre quelques thés dansants, quelques lotos, des concours de belote. Les nuits de la lecture n’ont pas déplacé trop de monde.
Quelques bouffées de fume s’échappent des cheminées tandis que le village s’emmitoufle pour résister à la froidure persistante. Une tempête sans précédent s’abat sur l’Amérique du Nord…
Et Donald parade avec son tout nouveau « Discobombulator » !!!
