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Protéger les enfants, il était temps avec le EU Kids Act.

Annoncé le 16 septembre 2026 par Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union Européenne et transmis au Parlement européen dès le 17 septembre 2026, le projet de règlement européen sur la protection des mineurs en ligne, désigné sous le nom de EU Kids Act, marque un tournant dans la régulation du numérique.

Marc Lipskier nous propose en exclusivité pour Sans Doute, et avant qu’aucun média généraliste francophone ne se soit penché sur la question, une analyse qui porte spécifiquement sur le projet annoncé. Sa version définitive sera bien évidemment connue seulement après les débats au Parlement européen.

Pour répondre aux risques induits par les architectures addictives et l’intelligence artificielle générative, l’Union européenne abandonne la modération réactive au profit d’une sécurité préventive intégrée. En combinant un accès échelonné selon l’âge et une vérification d’âge cryptographique anonyme, le législateur européen entend imposer un standard universel de protection dès la conception de l’application.

La portée de ce projet exige néanmoins d’évaluer ses interactions avec le Règlement sur les services numériques, le Règlement sur l’intelligence artificielle et le Règlement général sur la protection des données, tout en éclairant son impact sur les entreprises et les faiblesses qui subsistent dans l’édifice normatif. Mais l’objectif fondamental est clair : que grandir en ligne cesse d’être un apprentissage de la dépendance et redevienne une conquête de l’autonomie.

La course à la dérégulation n’est pas forcément la meilleure voie à suivre en Europe 

Il est de bon ton, depuis la publication en septembre 2024 du rapport de Mario Draghi sur l’avenir de la compétitivité européenne, de présenter l’Union Européenne comme une machine à créer de la réglementation et ce, au détriment de la croissance économique.  Ce rapport indique que « les entreprises innovantes qui souhaitent se développer en Europe sont constamment entravées par des réglementations hétéroclites et restrictives ».  Il poursuit en opposant cette situation avec celle qui prévaut aux Etats-Unis, en notant que « de nombreux entrepreneurs européens préfèrent se financer auprès d’investisseurs en capital-risque américains et se développer sur le marché américain ». 

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