Vingt-cinq minutes d’ovation à la Mostra de Venise d’un côté, des menaces et des manifestations devant le domicile des parents de l’une des réalisatrices, de l’autre. Le film NAZA, « victimes collatérales » en hébreu, ne laisse personne indifférent. Fondé sur les témoignages anonymes de vingt-quatre militaires ou membres des services israéliens, le film de Yuval Abraham et Rachel Szor qui sort demain en France pour deux jours avant sa mise en ligne à titre gracieux par le « Guardian », interroge la conduite de la guerre à Gaza. Elie Elkaim, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats du canton de Vaud et ancien président de la LICRA suisse, voit dans cette polarisation extrême le révélateur de deux aveuglements : celui d’une peur juive ancienne, ravivée par le 7 octobre jusqu’à en devenir pathologique, et celui d’une condamnation d’Israël par un Occident qui se croit à l’abri de tout soupçon. Une tribune exigeante, loin des anathèmes des réseaux sociaux et des cris de haine entendus dans les manifestations, qui s’adresse aux deux camps.
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Et si, dans le conflit israélo-palestinien, les Occidentaux faisaient fausse route ?… Si nous arrêtions d’exhorter les bonnes âmes à séparer les protagonistes ?… Si, pour des raisons différentes, mais tout aussi cyniques, ils voulaient continuer ?… Non sans humour, le géo-politologue Robert Dujarric donne ici l’exemple de l’Irlande du Nord. Sous le joug de leurs religions respectives, les belligérants ont quand même fini par trouver une voie étroite vers un chemin de paix. Et qui tient.