Le basculement mondial vers la gouvernance algorithmique des individus est désormais une réalité qui marque un bouleversement essentiel de notre civilisation : respect de la vie privée et de l’autonomie personnelle, droit à l’autodétermination individuelle sont en passe d’être renvoyés aux poubelles de l’Histoire au profit d’un totalitarisme « soft » analyse notre contributeur Marc Lipskier. Pour Sans Doute, il fait un état des lieux de ce glissement irréversible où seule l’Europe résiste encore (un peu), mais pour combien de temps ? Un texte fondamental pour comprendre le monde qui est le nôtre désormais.
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L’image de Charlie Chaplin dans les « Temps Modernes » reste une icône car elle dit beaucoup du 20ème siècle. En littérature, nombreux ceux qui ont été marqués depuis 70 ans par la lecture de « 325 000 francs », archétype de la littérature ouvrière dénonçant l’aliénation de l’homme par la machine, et donc par le système capitaliste. Notre contributeur Marc Lipskier lui a découvert ce livre récemment, et frappé par ses résonances avec le monde contemprain et en a profité pour livrer à Sans Doute une remarquable analyse sur le travail au temps de l’intelligence artificielle. Il se demande si l’IA n’est pas la forme d’aliénation parfaite en vidant de tout sens le travail humain. A méditer…
Qui aurait pu décemment prédire que le chef d’oeuvre de George Orwell publié en 1948, et disponible dans une nouvelle traduction depuis peu, hanterait aussi vite nos démocraties avancées, 80 ans à peine après sa rédaction ? Il était entendu que ce futur effrayant de la surveillance généralisée était consubstantiel du totalitarisme soviétique et certainement pas des sociétés libérales. Résultat l’URSS et ses satellites se sont écroulés mais l’asservissement numérique triomphe partout dans le monde. En exclusivité pour Sans Doute, un réquisitoire de Sylvain Lévy pour défendre ce qui nous reste de liberté.
Est-ce l’ignominie faite à Thierry Breton, les foucades de Trump ou l’impunité réclamée par les géants de la Tech US ? Qu’importe, pour certains, dont font partie Sylvain Kahn, Karine Schaub, Frédéric Arnaud-Meyer et Sylvain Lévy, la coupe est pleine. Pour la première fois de l’histoire de notre média, ces trois émérites contributeurs ont jugé la situation suffisamment grave pour rédiger une tribune collective pour Sans doute. Comme pour provoquer une étincelle. Et après ?… A vous de juger.
Pour Sans Doute, Frédéric Arnaud-Meyer partage une nouvelle fois l’une de ses indignations. Sa cible cette fois-ci? Meta, la maison mère de Facebook et Instagram, qu’il accuse, documents à l’appui, d’escroquerie (swindle en anglais). Faux comptes, fausses performances publicitaires, faux influenceurs générés par IA mais vrais dollars encaissés auprès d’annonceurs mystifiés. Pour notre contributeur, un scandale à l’état pur.
Comment l’intelligence artificielle révolutionne-t-elle déjà l’idée même de musée ? Que représentera la notion de conservation et de collection des oeuvres d’art d’ici 20 ou 25 ans ? C’est avec son sens aigu de l’analyse et de la connaissance du monde digital qui s’ouvre à nous, que notre contributeur et collectionneur remarquable, Sylvain Lévy, fournit quelques éléments de réponse aux lecteurs de Sans Doute.
A l’occasion des 3 ans de Chat GPT, Sylvain Lévy revient sous forme épistolaire pour Sans Doute sur ce que les outils d’intelligence artificielle ont changé non seulement dans nos vies quotidiennes, mais surtout sur l’évolution anthropologique de l’Homo Sapiens à l’occasion de ce bouleversement, grâce à son regard de collectionneur d’art contemporain avisé. Cher…
Il y a un parfum de diesel et de verrerie d’antan dans les couloirs de notre imaginaire industriel. La France, fidèle à ses rituels, semble obsédée par la sauvegarde de ses vieilles icônes plutôt que par l’invention de ses nouvelles épopées. On protège des sociétés qui fabriquent encore du “Duralex” comme si c’était un devoir patrimonial sacré, pendant qu’on oublie de miser sur les technologies de demain.
Dans un texte récemment publié dans Persuasion — l’une des rares revues américaines qui défend encore un débat public apaisé — Francis Fukuyama s’interroge sur les racines de la crise démocratique contemporaine : « It’s the internet, stupid ! ».
Il y voit la clé du basculement populiste américain. Et si, comme souvent, la France n’était qu’à dix ans de retard sur cette dérive, cela n’aurait rien de rassurant.