En levant 10 milliards d’euros à 20 ans, massivement souscrits par des investisseurs étrangers, la France a confirmé une dépendance stratégique. Défense, industrie, diplomatie : trois signaux récents suggèrent que le prix réel de notre dette dépasse largement son taux affiché. David Baverez revient ainsi pour Sans Doute sur les conditions réelles du financement de la dette publique française qui sont pour le moins inquiétants.
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Armes de destruction massive, dissuasion et économie de la peur…100 milliards de dollars, c’est ce qu’ont dépensé au global les neuf puissances nucléaires en 2025 pour moderniser un armement qui normalement ne doit jamais servir. L’occasion pour Karine Schaub de s’interroger sur cette dépense reconduite en silence ou presque chaque année. Faut-il s’en satisfaire ? Sans Doute ouvre le débat.
Le sommet de l’OTAN de la Haye du 25 juin 2025 aura été celui des avancées majeures. S’inscrivant dans un climat de quasi-défiance entre les Etats-Unis et leurs alliés, aussi bien européens que nord-américain, vu les désastreuses relations américano-canadiennes depuis le retour au pouvoir de D. Trump, il s’est déroulé après les frappes des Etats-Unis sur l’Iran et la victoire proclamée par l’administration américaine sur le pouvoir de Téhéran.
L’Europe est aujourd’hui devant ses responsabilités. Le retournement apparent d’alliances achève la bulle historique du bloc atlantique, et signe définitivement la fin du rêve de paix perpétuelle dans un univers toujours plus démocratique de F. Fukuyama. La « mort cérébrale » annoncée de l’OTAN n’est certes pas entérinée, mais la fracture ouvre un chantier de questions et d’urgences qui dépassent la seule notion de défense.
Le moins que l’on puisse dire est que la rencontre des membres de l’OTAN, à Munich, n’a pas suscité l’enthousiasme des décideurs Européens. Malgré quelques circonvolutions, la nouvelle administration américaine essaie de dire aux Européens comment ils doivent penser, comment ils doivent agir. Pour dire les choses en un mot, il faut vraiment en tirer la conclusion simple : jusqu’à quel point les Européens sont-ils seuls ?…
Le 17 février, à la demande de la France, plusieurs États de l’Union européenne (UE) se sont réunis. Leur objectif : tenter d’organiser un début de réponse européenne après la conférence sur la sécurité tenue à Munich trois jours auparavant qui a vu les Etats-Unis, au travers du discours du Vice-Président Vance, affirmer sans ménagement la volonté américaine de trouver rapidement une solution au conflit russo-ukrainien. Le cas échéant sans que les Européens aient leur mot à dire.
Dans quelques jours maintenant, ce sera l’heure de vérité pour François Bayrou et, par contre-coup, pour les Français. Une fois de plus, politiques et citoyens seront attentifs à une possible alliance des extrêmes dont on ne sait, cette fois, quelles conséquences et quel chaos cela pourrait engendrer. Homme d’expérience le Premier ministre devrait trouver la bonne ligne de crête pour, in fine, dépendre le moins possible de tous les « Raminagrobis » qui le guettent. Reste que, passé cet écueil, un autre se profilera : où sont les priorités ? Pour notre contributeur, Robert Dujarric, une évidence s’impose : renforcer nos capacités militaires.