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Lors d'un colloque organisé en 1999 par l'Université de Perpignan, Dominique Sistach, maître de conférences au sein de cette même université, était intervenu sur le thème "Mots, langues, langages et droit". Il avait débuté avec cette observation : "La relation entre le langage et le droit fixe le phénomène central de toutes expériences juridiques. [...] L’abstraction juridique, en dehors de l’action saisie par le droit, n’existe que par la manifestation et la représentation du langage." Une citation d'une étonnante actualité à l'heure de la généralisation de l'IA dans les professions juridiques. Fabrice Baumgartner, avocat honoraire et ancien associé dans un grand cabinet anglo-saxon, raconte pour Sans Doute comment la robe affronte les nouvelles technologies.
Depuis 2022, plusieurs logiciels d'intelligence artificielle constitutifs de larges modèles de langage (large language models, ou LLM) ont été mis sur le marché. Ils ont la capacité d'analyser et de générer des textes dans un langage qui paraît identique à celui des êtres humains et la faculté de traiter des instructions (prompts) exprimées en langage commun. Compte tenu de la focalisation de ces logiciels sur le langage et des liens qui unissent langage et droit, il n'est pas surprenant que l'émergence de ces logiciels ait fait prédire qu'ils allaient inévitablement bouleverser le monde du droit et des juristes.
Mais comme souvent en matière d'intelligence artificielle, nul n'était en mesure de prévoir précisément en quoi consisteraient ces bouleversements, ni comment ils affecteraient de manière concrète l'univers juridique. Comme tous ceux qui sont confrontés à cette nouvelle technologie, les juristes allaient donc "apprendre en marchant" et devaient se préparer à aller de surprise en surprise.
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