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Une cérémonie obligatoire autour du 11 novembre dans chaque école, collège et lycée : en quelques semaines, la circulaire du 2 juillet 2026 a cristallisé toutes les méfiances. Pour les uns, c’est l’occasion de rassembler la jeunesse autour du souvenir de ceux qui sont tombés. Pour d’autres, et c’est notamment le cas de plusieurs syndicats enseignants, il faut exiger le retrait du texte et soutenir les professeurs qui refusent de prendre part à cette cérémonie, perçue comme un dispositif de cohésion nationale où se profilent le militarisme et l’instrumentalisation nationaliste. Bref, chacun lit dans cette circulaire ce qu’il espérait ou ce qu’il redoutait. Essayons de revenir à ce texte du 2 juillet pour ce qu’il dit, puis de nous demander ce que nous devons réellement à ceux qu’il prétend honorer. Un texte essentiel de Joëlle Alazard, la présidente de l'Association des Professeurs d'Histoire-Géographie (APHG), à quelques jours des cérémonies du 11 novembre.
Un texte, deux logiques
La circulaire affirme que l’École doit construire la compréhension des épreuves collectives de la Nation « de manière universelle, critique et exigeante ». Elle affirme aussi que cette mémoire participe de la cohésion nationale, dans un monde marqué par de « nouvelles formes de conflictualité ». Ces deux ambitions ne se confondent pas. La première est celle de l’histoire et des méthodes que nous transmettons à chaque heure de cours : on examine, on doute, on met en contexte. La seconde est celle d’un projet civique : on rassemble, on fait corps.
Il n’est pas illégitime qu’un État poursuive la seconde, et l’on sait bien le pilier qu’est l’école pour la République. Mais l’école ne peut tenir les deux ensemble qu’à une condition : que la première commande. L’histoire et la mémoire ne sont pas ennemies, les mémoires sont même une matière précieuse pour l'historien. Reste que l’histoire ne peut pas être la servante d’une mémoire officielle sans cesser d’être de l’histoire, libre et scientifique. C’est là, et non dans le pour ou le contre, que passe la ligne de partage.
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