Dans la musique, le cinéma, le doublage et le livre audio, la voix humaine subit une éviction industrielle accélérée par les réseaux de neurones profonds. Capables de répliquer un timbre singulier pour une fraction du coût habituel, les générateurs vocaux déstabilisent l’économie de la création. Face à ce défi mondial, avocats, juges, législateurs, professeurs de droit et syndicats ont réagi au cours de l’été 2026. Des actions aux États-Unis sur le terrain du Right of Publicity à la protection des droits de la personnalité en France, de la doctrine du CSPLA sur les licences aux exigences d’étiquetage de l’AI Act européen, en passant par le nœud central de la preuve face à l’opacité algorithmique, ces réponses, quoique d’origines très diverses, dessinent une convergence surprenante, qui enjambe le clivage entre droit d’auteur et copyright de la propriété intellectuelle mondiale. Marc Lipskier, au meilleur de sa forme pour les lecteurs de Sans Doute, nous propose de faire un point sur cette question essentielle de la protection juridique des attributs de notre personnalité à l’ère de l’IA.
Culture
Sans Doute est heureux d’accueillir, Mirna Helou parmi ses contributrices. Une fois par mois, elle signera notre chronique littéraire, « In the mood for books », clin d’œil au chef-d’œuvre cinématographique de Wong Kar-wai. À l’heure où, selon le dernier baromètre du Centre national du livre réalisé par Ipsos, les Français lisent de moins en moins, il nous a paru essentiel de vous proposer un regard, forcément subjectif, sur le meilleur de la création littéraire contemporaine. Vous donner envie de lire, ou de relire, pour vous évader du quotidien ou mieux comprendre la complexité du monde : telle est notre ambition éditoriale, et ce qui fait la singularité de notre place parmi les acteurs de la presse digitale.
L’affaire Thélyson Orélien restera dans les mémoires parce qu’elle vient percuter un objet-clé de notre civilisation : le livre. À la fois instrument de transmission du savoir et réceptacle de l’imaginaire, il est la forme physique de tout ce qu’un esprit humain peut apprendre, penser ou créer. C’est parce que nous entretenons tous un rapport intime avec les livres que chacun s’est forgé, presque instinctivement, une opinion sur l’usage de l’IA dans la création littéraire. Mais chez Sans Doute, nous avons fait le choix de prendre le recul nécessaire et de regarder les questions qui traversent notre époque sous des angles différents de ceux qu’adopte le reste de la presse. Après Marc Lipskier, qui a abordé hier l’affaire sous l’angle du droit, Sylvain Lévy l’examine aujourd’hui du point de vue du créateur, pour parvenir, lui aussi, à une même conclusion. Car si l’accusation tient en quelques clics, un compte anonyme et un logiciel, la défense, elle, exige des traces. Et derrière ces traces, il y a une signature : celle de celui qui répond du livre. L’IA ne détruit pas cette idée. Elle nous oblige à la préciser.
L’accusation d’usage masqué d’intelligence artificielle portée contre le romancier Thélyson Orélien réveille le vieux soupçon du prête-plume, désormais incarné par l’algorithme. Cette controverse révèle la persistance d’une représentation romantique de l’écrivain isolé, en contradiction flagrante avec l’histoire des arts où la création a toujours été outillée, déléguée et collective. Face aux biais des logiciels de détection et à l’automatisation des contenus, face aux émois automatiques des foules, un retour au droit s’impose. A la traçabilité matérielle de la main, il substitue le critère de la direction intellectuelle et de la responsabilité souveraine engagée par la signature. Nos contributeurs se devaient de proposer aux lecteurs de Sans Doute leurs grilles d’analyse de ce qu’il convient d’appeler l’affaire du roman écrit par ou sous IA, maintenant que l’écume est retombée et que le temps est venu de la réflexion sur l’acte de la création. Premier à nous faire partager son point de vue passionnant, et bien sûr à rebours des idées reçues : Marc Lipskier qui défend l’idée que l’IA n’est pas la fin de l’auteur, elle en est le miroir grossissant. Créer, c’est toujours, d’une certaine manière, diriger une entreprise de l’esprit.
Il y a quelques semaines, Marc Lipskier racontait pour les lecteurs de Sans Doute dans « Contre les pilleurs de silicium », comment les géants de l’IA ont été condamnés par la justice allemande pour contrefaçon en raison de l’entrainement de leurs langages sur des livres ou de la musique sans autorisation des ayants-droit. Mais aux Etats-Unis, il a été jugé que si ces langages s’entrainaient sur des livres légalement acquis, Anthropic, la maison-mère de Claude pouvait bénéficier de la clause, bien connue des spécialistes du droit d’auteur anglo-saxon, du « fair use ». Aujourd’hui, Sylvain Lévy revient avec amusement et stupéfaction mêlées sur les conséquences pratiques de cette jurisprudence pour certains libraires. De quoi faire réfléchir à la distinction entre lettre et esprit de la loi…
Entre le faubourg Montmartre et le centre de Paris, il y a ces galeries couvertes qui charment aussi bien parisiens que touristes, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. Véro-Dodat, Valois, Beaujolais, Montpensier… ou Panorama, le Caire et mon cher passage Joufroy qui va de la rue de Provence au boulevard Montmartre ; et le musée Grévin où l’on tentait parfois de rentrer par la sortie pour économiser quelques sous. Mais, un coup de pied aux fesses, de la part des gardiens, nous ramenait très vite à la dure loi de l’économie de marché. Pourtant d’autres galeries, un peu excentrées, certes, mérite le détour, comme c’est le cas pour le passage Brady.
Il n’est à quatre stations de métro du Louvre, ce monument de la culture française. Une star qui n’a que peu d’équivalent dans le monde. Pour lui, qui reçoit neuf fois moins de visiteurs dans l’année, il faudra descendre au métro Saint-Paul, sortir en direction de la Bastille qu’on aperçoit au loin, en longeant la rue de Rivoli et, en quelques minutes, on tourne à gauche dans la rue de la marquise de Sévigné. Le musée Carnavalet-Histoire de la Paris (selon son nom officiel, bien administratif) est presque au fond, là ou attendent quelques personnes pour l’ouverture, non loin de la place des Vosges. Voici plusieurs décennies que notre directeur de la rédaction Gérard Bonos arpente avec une joie non dissimulée tous les quartiers de la capitale. Pour les lecteurs de Sans Doute, il a choisi de partager ses secrets, ses souvenirs et ses coups de coeur de parisien pur sucre. Une manière de respirer un bon coup une dernière fois avant d’aborder une année décisive pour notre pays. Voici donc le quatrième épisode de notre série d’été « Le promeneur de Paris ».
Il avait un sixième sens pour repérer les pigeons. Le gros monsieur qui sortait du « Bal de la Dame Blanche » sur le boulevard de Rochechouart. Malgré ses quatorze ans, il n’était pas très grand Albert. Mais il n’avait pas son pareil pour s’approcher de sa future victime avec des yeux de chatons perdus. Voici plusieurs décennies que notre directeur de la rédaction Gérard Bonos arpente avec une joie non dissimulée tous les quartiers de la capitale. Pour les lecteurs de Sans Doute, il a choisi de partager ses secrets, ses souvenirs et ses coups de coeur de parisien pur sucre. Une manière de respirer un bon coup une dernière fois avant d’aborder une année décisive pour notre pays. Voici donc le troisième épisode de notre série d’été « Le promeneur de Paris ».
Paris est une ville déroutante. Personne ne m’a attendu pour le savoir. Néanmoins, une chose m’intrigue : pourquoi tant d’effervescence dans une rue et, juste après, un calme olympien, digne d’une ville de province, sereine et bienveillante. C’est un peu ce que l’on ressent quand on s’approche de ce périmètre magique entre la Bibliothèque Nationale et la rue de Richelieu, la place Colette, et entre les deux, les jardins, les colonnes de Buren et … la Comédie Française ! Même les plus mal-élevés n’osent pas rompre l’imposant quadrilatère qui englobe autant d’endroits qui vivent pourtant chacun à leur rythme.
Voici plusieurs décennies que notre directeur de la rédaction Gérard Bonos arpente avec une joie non dissimulée tous les quartiers de la capitale. Pour les lecteurs de Sans Doute, il a choisi de partager ses secrets et ses coups de coeur de parisien pur sucre. Une manière de respirer un bon coup une dernière fois avant d’aborder une année décisive pour notre pays. Voici donc le deuxième épisode de sa série d’été « Le promeneur de Paris ».
Le « soft power » de nos amis américains a été d’une telle efficacité depuis la seconde Guerre mondiale, que tout semble partir d’eux et que tout semble y revenir. L’un des symboles étant la désormais célèbre « High Line » de New York qu’évoquait notre confrère Frédéric Arnaud-Meyer, dans les textes de sa série. Mais qui sait que c’est la discrète « Coulée verte » parisienne qui a inspiré toutes les autres. Ces jardins suspendus, hommage à l’Antiquité et ses célèbres jardins de Babylone. Vous n’êtes pas au bout de vos surprises avec notre dernière série de l’été, concoctée par notre directeur de la rédaction Gérard Bonos, « Le Promeneur de Paris ». Voici plusieurs décennies qu’il arpente avec une joie non dissimulée tous les quartiers de la capitale. Pour les lecteurs de Sans Doute, il a choisi de partager ses secrets et ses coups de coeur de parisien pur sucre. Une manière de respirer un bon coup une dernière fois avant d’aborder une année décisive pour notre pays.