Sans aller jusqu’à faire aussi peur que la Russie de Vladimir Poutine, les Etats-Unis de Donald Trump sont désormais considérés par une bonne partie des Français comme une menace militaire presque aussi importante que celle de la Chine de Xi Jinping, selon un récent sondage de l’Ifop qu’analyse pour nous Gilles Sengès
L’intervention militaire des Etats-Unis au Venezuela s’inscrit dans la politique de reprise en main du sous-continent américain par Donald Trump qui a successivement rebaptisé le golfe du Mexique en golfe de l’Amérique, remis la main sur le canal de Panama et interféré dans l’élection présidentielle du Honduras en imposant son candidat. Pour notre contributeur spécialiste des Etats-Unis Gilles Sengès, les autres pays de la région peuvent d’autant plus s’inquiéter sur leur sort que l’objectif visé est certes de stopper la vague migratoire et de mettre fin au trafic de drogue mais aussi de s’approprier leurs matières premières et de bloquer la pénétration chinoise en Amérique du sud.
Traités comme des godillots par Donald Trump quand ils ne sont pas menacés verbalement, un nombre record de représentants et sénateurs dont un fort contingent de républicains a décidé de ne pas se représenter aux élections de mi-mandat de novembre 2026. Le renouvellement promet d’être d’autant plus vaste dans les années à venir que les Etats-Unis sont devenus une gérontocratie comme nous le rappelle Gilles Sengès
Si elles ne résolvent pas les problèmes de l’opposition démocrate, plus divisée que jamais entre progressistes et centristes, les élections partielles qui se sont déroulées, ce 4 novembre, à New York, dans le New Jersey et en Virginie représentent un sérieux avertissement pour Donald Trump. Qui va tout faire pour garder le contrôle du Congrès lors du scrutin de mi-mandat de novembre 2026.
Clé de voûte du système démocratique américain, la Cour suprême doit statuer, ces prochaines semaines, sur les abus de pouvoir commis par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche. Composée majoritairement de juges conservateurs, l’institution a fait preuve jusque-là d’une très grande compréhension vis-à-vis du Président des Etats-Unis. Qui ne demande qu’à en profiter.
L’un est omniprésent, bousculant tous ceux qui se mettent sur son passage depuis son retour à la Maison Blanche, le 20 janvier. L’autre reste discret, s’attachant d’abord à réunir ses ouailles catholiques, depuis qu’il s’est assis sur le trône de Saint-Pierre, le 8 mai. De même nationalité, Donald Trump et Léon XIV sont appelés à se rencontrer…et à mettre leurs divergences au grand jour, notamment sur la lutte migratoire.
Si Elon Musk n’est plus à la tête du ministère de l’efficacité gouvernementale (DOGE), les coupes claires continuent dans l’administration fédérale américaine avec près de 200.000 emplois supprimés en sept mois, soit près de 10% des effectifs totaux. Avec des motifs autant politiques qu’économiques, d’autres coupes sont à venir, au risque de mettre en danger la sécurité et la santé des Américains.
Un peu à la manière des “Lettres persanes” de Montesquieu, Gilles Sengès revient sur les premiers mois du retour au pouvoir de Donald Trump. Avec comme cadre, la Maison Blanche, devenue la maison du chaos. Et le temple du mauvais goût. Cela pourrait prêter à sourire si les Etats-Unis ne glissaient, peu à peu, dans un monde orwellien.