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Il avait un sixième sens pour repérer les pigeons. Le gros monsieur qui sortait du « Bal de la Dame Blanche » sur le boulevard de Rochechouart. Malgré ses quatorze ans, il n’était pas très grand Albert. Mais il n’avait pas son pareil pour s’approcher de sa future victime avec des yeux de chatons perdus. Voici plusieurs décennies que notre directeur de la rédaction Gérard Bonos arpente avec une joie non dissimulée tous les quartiers de la capitale. Pour les lecteurs de Sans Doute, il a choisi de partager ses secrets, ses souvenirs et ses coups de coeur de parisien pur sucre. Une manière de respirer un bon coup une dernière fois avant d'aborder une année décisive pour notre pays. Voici donc le troisième épisode de notre série d'été "Le promeneur de Paris".
Ses mains était d’une dextérité quasi exceptionnelle : Montres à gousset en argent, portefeuilles bien garnis, ou chevalières en or un peu proéminentes disparaissaient comme par magie. Puis il repartait par la rue Lepic d’un pas pressé jusqu’au carrefour avec les Abbesses. En général, c’est à ce moment-là que l’on entendait la victime crier au voleur. Mais c’était trop tard, Albert courrait déjà pour se fondre dans le Maquis où personne ne pouvait dire où il habitait réellement ; ni même si Albert était son véritable prénom.
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