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Nous vivons une crise majeure des finances publiques. Tel est le constat de Benoit Chevauchez pour sa première contribution à Sans Doute. L'ancien conseiller de Michel Rocard lorsque il était Premier Ministre, et ancien directeur de l'Institut de la gestion publique et du développement économique revient sur la gravité de la situation budgétaire et nous livre son pronostic : quel que soit le vainqueur de la prochaine élection présidentielle, il devra s'atteler à régler cette crise qu'aucun de ses prédécesseurs n'a voulu considérer comme prioritaire.
Partagé par la majorité de l’opinion et des experts, ce diagnostic de crise des finances publiques semble désormais consensuel, un des rares signes encourageants de la présente période. Au-delà, les remèdes restent à trouver. Certes ce diagnostic a suscité un florilège de suggestions de réductions de dépenses et d’augmentations d’impôt, le meilleur voisinant avec le pire, mais bien peu ont été retenues. Le redressement attendu n’est donc pas engagé. L’adoption miraculeuse d’un budget - un soulagement, lâche - ouvre une trêve offrant l’opportunité d’analyses et de débats plus approfondis pour fonder une stratégie de redressement à la hauteur des enjeux.
Cet article, le premier d’une série à venir, propose quelques réflexions pour nourrir ces débats : sur la mesure de la gravité de la situation budgétaire et les risques qui se profilent, sur les approches et méthodes pour y faire face dans l’immédiat et sur la refonte en profondeur de la gouvernance de nos finances publiques, pour permettre à notre démocratie de reprendre le contrôle de ses finances.
Cette crise est la plus grave depuis l’après-guerre
Voilà 20 ans (rapport Pébereau 2006) que l’on crie au loup, et le loup n’est toujours pas arrivé. Brandie par François Fillon en 2007, la faillite n’est toujours pas avérée. Spreads et notations se dégradent, mais sans violence. Les préteurs continuent à financer 10% de nos dépenses. L’euro est passé par là et les crises récentes de dette souveraine (n’ayant touché que des petits pays Irlande, Portugal, etc…) laissent le sentiment qu’elles sont solubles, sans trop de casse, Grèce mise à part.
La répétition de ces alarmes excessives dans le passé affaiblit malheureusement les alarmes d’aujourd’hui : un doute sur la crédibilité de ce genre de pronostics s’est insinué dans l’opinion. Un examen de conscience de la communauté professionnelle, scientifique et politique qui a inspiré ces alarmes serait bienvenu.
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