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Les antennes radiophoniques, les plateaux télévisés et les réseaux sociaux pullulent désormais de professeurs de vertu autoproclamés qui inlassablement s'érigent en modèles à suivre. Et pourtant, qui peut décemment aujourd'hui prétendre légitimement incarner un véritable exemple à l'heure ou le respect des impératifs moraux disparait au profit de logiques purement individualistes et trop souvent fondées sur la force ? C'est ce décalage, pour ne pas dire cette hypocrisie, à la source de tant de maux dans nos sociétés libérales avancées, que notre contributeur Louis-Charles Viossat a voulu mettre en avant dans Sans Doute, tant il est le symptôme d'une fatigue démocratique.
Une première critique, classique mais pertinente, du non-alignement entre valeurs revendiquées et pratique du pouvoir est de souligner la permanence d’un double standard international mais aussi moral et civique. Par exemple, en matière internationale, nous invoquons depuis longtemps des valeurs que nous nous empressons d’oublier, ou de mettre sous notre mouchoir, lorsqu’elles ne convergent pas avec nos intérêts, éventuellement les plus étroits : interventions armées dans un pays souverain en-dehors d’un mandat des Nations-Unies (Suez, Grenade, Venezuela…), non-intervention face à des massacres réalisés sous nos yeux (Rwanda, Proche-Orient, Somalie…), soutien de gouvernements autoritaires (Tunisie pour réguler l’immigration d’Afrique subsaharienne…).
Mais derrière l’inflation médiatique et politique des références aux valeurs se cache une deuxième critique plus fondamentale : l’effacement et la ringardisation des vertus individuelles chez les dirigeants et chez les citoyens eux-mêmes, évolution qui est constitutive d’une bonne partie de la crise civique, morale et politique que traversent les démocraties occidentales.
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