La crise de l’hôpital public, au même titre que celle qui frappe l’Education Nationale, agit comme un révélateur du mal français désormais généralisé : l’incapacité à organiser des réformes de structures permettant l’amélioration du service rendu dans un environnement budgétaire maitrisé. Ayant pris connaissance des dernières recommandations du directeur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, notre contributeur Frédéric Bizard s’alarme du risque d’une nouvelle centralisation technocratique à l’hôpital, à l’opposé de ses préconisations sur une nécessaire débureaucratisation, décentralisation et démocratisation de la gestion du système de santé.
Hôpital
Tag
L’hôpital français n’est plus seulement en crise de moyens : il traverse une mutation culturelle profonde. Derrière la pénurie d’infirmiers, le turnover massif et la fatigue des cadres, se dessine une réalité générationnelle : celle d’un monde du soin qui rajeunît, mais dont les codes, eux, n’ont pas suivi.
Standard & Poor’s et Fitch ont envoyé, au premier trimestre de cette année, à une France surendettée et à faible croissance économique, un ultime avertissement avant la dégradation de sa note de crédit. Tout juste cinq ans après le Covid, force est de constater que nos hôpitaux n’ont jamais été aussi fragiles, la désertification médicale à son plus haut et notre secteur pharmaceutique en plein trouble. Aucune réorganisation de la gouvernance de la santé publique n’a été effectuée malgré les multiples défaillances repérées dans la période Covid.