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Pour Sans Doute, Karine Schaub revient sur ce fameux paradoxe de Zénon d'Elée, en l'appliquant à la taxation effective des profits des multinationales, principalement américaines. Comme pour le mouvement de la flèche, qui est impossible selon le philosophe grec, car il lui reste toujours une moitié de chemin à parcourir quelle que soit la longueur de son parcours, les règles anti-optimisation fiscale applicables aux profits des multinationales n'atteignent jamais leurs cibles.
Dans le monde réel, le plan BEPS (Érosion de la base d’imposition et transfert de bénéfices) de l’OCDE, mis en place pour lutter précisément contre les stratégies d’optimisation fiscale qui déplacent artificiellement les bénéfices des multinationales vers des juridictions à faible imposition, n’est plus une flèche qui ne bouge pas, mais les profits voyagent tellement vite que les règles fiscales semblent figées dans une immobilité théorique.
Le résultat ? Des multinationales qui se déplacent comme des particules quantiques : présentes partout, imposées nulle part. Et des États qui prétendent lutter contre ce mouvement… tout en le rendant possible.
Selon l’OCDE, ces pratiques d'érosion de la base fiscale coûtent entre 100 et 240 milliards de dollars par an (« Adressing BEPS », 2015). Vous allez me dire 2015 ? Sérieux, les choses ont dû bouger depuis ! Et vous avez raison : selon le Tax Justice Network (State of Tax Justice, 2024), ce chiffre grimpe à 483 milliards de dollars lorsqu’on inclut régimes préférentiels et décisions fiscales opaques.
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