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Armes de destruction massive, dissuasion et économie de la peur...100 milliards de dollars, c'est ce qu'ont dépensé au global les neuf puissances nucléaires en 2025 pour moderniser un armement qui normalement ne doit jamais servir. L'occasion pour Karine Schaub de s'interroger sur cette dépense reconduite en silence ou presque chaque année. Faut-il s'en satisfaire ? Sans Doute ouvre le débat.
Les armes de destruction massive ne sont pas nées comme un marché. Elles sont nées comme une solution militaire extrême à un problème politique immédiat. C’est précisément ce qui les rend aujourd’hui si difficiles à déconstruire : leur logique économique est venue après, presque par accident, puis s’est installée durablement.
Le premier marqueur temporel est bien connu : 1945. Hiroshima et Nagasaki ne marquent pas seulement la fin de la Seconde Guerre mondiale ; elles inaugurent un monde dans lequel une arme peut anéantir une ville entière en quelques secondes. À partir de ce moment, l’arme nucléaire cesse d’être un outil tactique pour devenir un instrument politique global. Très vite les Etats-Unis comprennent que la bombe n’est pas seulement une arme, mais un langage. L’Union soviétique le comprend aussi et dès 1949 se dote à son tour de l’arme nucléaire.
Les années 1950 et 1960 voient une explosion quantitative des arsenaux, des essais atmosphériques massifs et la constitution de stocks qui se comptent en dizaines de milliers d’ogives. La dissuasion est née, et avec elle l’idée centrale qui va irriguer toute l’économie des armes de destruction massive : la valeur d’une arme peut résider dans le fait qu’elle ne soit jamais utilisée.
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