La Corrèze, comme le reste de la France, suffoque depuis quelques jours sous cette cette vague de chaleur précoce. L’occasion pour notre troubadour de la ruralité, notre chroniqueur Jean Brosusue qui place son village du Lonzac au centre du monde, de filer la métaphore sur l’actualité ultra-locale, nationale et mondiale, sans oublier l’agenda sportif bien chargé des semaines à venir. Son talent de plume pour embrasser les grandes problématiques du moment de sa plume légère fait à nouveau merveille. Chers amis lecteurs de Sans Doute régalez-vous !
Idées
Comment la démocratie peut-elle survivre à l’ère des réseaux sociaux qui enferment chacun d’entre nous dans des bulles cognitives, comme nous en faisons l’expérience régulièrement ? Quelle place pour la nuance face aux extrêmes dans l’expression publique qui occupent le terrain grâce à des algorithmes complices ? Celui qui connait les horreurs du XXème siècle doit répondre à ce défi du XXIème pour éviter le lent affaiblissement de « la pire forme de gouvernement à l’exception de toutes celles qui ont été essayées au fil du temps », selon l’expression de Churchill à la Chambre des Communes le 11 novembre 1947. Une analyse pour les lecteurs de Sans Doute, subtile et puisée aux meilleures sources, de Frédéric Arnaud-Meyer, notre partisan d’une démocratie de combat.
Le retour de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), l’agence fédérale américaine chargée de l’immigration, au premier plan de l’actualité, fait remonter de vieux (pas si vieux !) souvenirs. En août 2019, l’arrestation simultanée de 680 ouvriers agricoles dans le Mississippi illustrait de manière spectaculaire l’irruption des algorithmes prédictifs au cœur de la violence légitime de l’État. En s’appuyant sur les logiciels de la firme Palantir, l’ICE franchissait alors un seuil technologique historique. Sept ans plus tard, loin de se limiter à de simples prestations informatiques, la Silicon Valley impose désormais aujourd’hui une architecture propriétaire qui absorbe et privatise les fonctions régaliennes les plus fondamentales. De la « privatisation cognitive » de la justice à la transformation du citoyen en un « double statistique », ce démembrement institutionnel accéléré acte l’échec du modèle centralisateur jacobin. Face à la dépendance technologique, seule l’émergence d’un « girondinisme numérique », adossé à des infrastructures souveraines sur le modèle estonien, semble pouvoir conjurer l’avènement d’un État failli. Le deuxième volet de l’analyse de Marc Lipskier pour Sans Doute sur la crise de l’Etat moderne.
Avons nous jamais été aussi menacés, jamais aussi seuls, jamais aussi dépendants, jamais aussi fragiles depuis 1945 ? Les démocraties occidentales, hors Etats-Unis, c’est à dire les pays européens, accompagnés du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Corée du Sud, du Japon et de Taiwan vivent une époque de menaces existentielles et pas seulement en raison de la nouvelle doctrine de sécurité américaine rendue publique en décembre dernier. Ce serait trop simple pour qualifier cette crise. Plus profondément les principes qui gouvernent nos démocraties ne paraissent plus adaptés à la dépendance technologique, à l’extraterritorialité numérique, à la nouvelle violence géopolitique. Tout est il perdu pour autant ? Non, comme le défend Frédéric Arnaud-Meyer pour les lecteurs de Sans Doute dans ce manifeste. Nous pouvons encore réagir tout en restant fidèles à nos valeurs universelles. Voici comment. A méditer…
Un virus salvateur alors que l’on on commençait à s’ennuyer des rodomontades et des ronds dans l’eau du Golfe Persique. Des annonces anticipées de trop nombreuses candidatures désespérées à la future élection présidentielle, et des commentaires affligés sur les désordres météorologiques de ce week-end de l’Ascension non assouvi. Des premier et huit mai de ce mois qui devaient pourtant être les bandes-annonces de l’été à venir… Rien ne va plus comme souvent sous la plume de Jean Brousse dans l’actualité vue du Lonzac, ce petit village si français et si corrézien. Un nouveau billet dominical de notre troubadour de la ruralité à déguster sans modération pour les lecteurs de Sans Doute.
Les livres d’histoire retiendront le mois d’avril 2026 comme une date charnière, marquant une bascule technologique, anthropologique et géopolitique d’une ampleur comparable à la Renaissance. Mais si le XVIe siècle avait placé l’Homme au centre de l’univers, le printemps 2026 signe son déclassement définitif. Le 19 avril, un robot humanoïde a pulvérisé le record du monde du semi-marathon dans les rues de Pékin. Une image saisissante, qui constitue le nouvel épisode foudroyant du débat universel sur l’articulation entre l’humain et la machine. Pourtant, cette prouesse terrestre cache une réalité bien plus vertigineuse. Derrière l’illusion de l’humanoïde, la Chine déploie une flotte massive de méga-drones cargo dans son espace aérien. En automatisant sa logistique à une échelle industrielle, Pékin procède à une rupture absolue, reléguant l’être humain au rang de simple superviseur d’un monde régi par le calcul et les algorithmes.Un éclairage de Marc Lipskier pour Sans Doute sur ce nouveau monde qui nous est encore largement inconnu.
Combattre les idées du Rassemblement National est légitime. C’est même un devoir au vu des enquêtes des instituts de sondage, qui toutes placent les 2 candidats potentiels d’un parti, dont le programme et l’idéologie sont en rupture avec notre pacte social et républicain, très largement en tête au premier tour de la prochaine élection présidentielle. C’est la mission que le banquier d’affaires Matthieu Pigasse a assigné aux médias qu’il possède notamment, le journal Les Inrockuptibles et Radio Nova. À écouter pourtant les animateurs de Radio Nova qui, sous couvert d’humour, souhaitent que l’ancien Premier ministre Gabriel Attal soit atteint d’un cancer du pancréas et appellent au meurtre contre Sophia Aram, il est permis de douter, au-delà de l’émotion légitime soulevée par de tels propos, que ce soit la meilleure manière de gagner la guerre culturelle contre le Rassemblement National. Si le visage de la gauche anti-RN est celui-ci, alors il y a même fort à parier que c’est le contraire qui se produira. Un éditorial de notre directeur de la publication, Edouard Boccon-Gibod.
Il y a quelques semaines, dans un texte qui a beaucoup fait parler de lui, Jacques Attali s’est posé la question : « peut-on encore éviter la Troisième guerre mondiale? ». Il redoute la formation d’une Sainte Alliance entre régimes pourtant si différents, mais unis dans une volonté commune : prendre sa revanche sur l’Occident. Se forgerait aujourd’hui dans les profondeurs le prochain cataclysme : dans les soubassements idéologiques, religieux et nationalistes de toutes les sociétés, dans les amphithéâtres universitaires comme dans les remugles des réseaux sociaux. Il n’opposerait plus le marxisme-léninisme au libéralisme judéo-chrétien, mais l’Occident tout entier aux multitudes qui se vivent comme les sujets de son impitoyable empire, pour reprendre les termes du célèbre essayiste. Une vision pessimiste que ne partage pas pour Sans Doute notre contributeur Sylvain Lévy, qui nous explique pourquoi il ne croit pas à un embrasement généralisé. A vous de vous faire votre idée.
L’Europe, c’est ce vieux duc en tweed qui a inventé le salon, le journal, la dispute civilisée, le bulletin de vote, et qui découvre un matin, les yeux gonflés par l’Histoire, que le vrai pouvoir s’est barré par la fenêtre avec les marchands d’attention. Pendant que les États-Unis accouchaient de Meta et de X comme on lâche des fauves dans un casino, pendant que la Chine transformait TikTok en seringue planétaire de dopamine, l’Europe, elle, s’est installée au balcon avec un carnet, des lunettes sévères et l’air de dire : tout cela devra être encadré.
Magnifique posture.
Sauf que dans l’arène, l’arbitre sans armée finit souvent couvert de poussière.
Un nouveau texte décapant de Frédéric Arnaud-Meyer pour Sans Doute et ses lecteurs impatients de retrouver les chroniques de notre contributeur gonzo.
Quelle place reste-t’il à l’homme pour exprimer son intelligence à l’heure de l’IA ? Peut on encore être un expert ? Transmettre quelque chose ? Et si au fond la seule chose que la machine ne nous volera jamais c’était le pouvoir de douter et de dire non ? Sans Doute est très fier d’être à la pointe de la réflexion sur ce monde envahi par l’Intelligence Artificielle et les conséquences sur le fonctionnement de nos sociétés, grâce aux analyses de nos brillants contributeurs parmi lesquels Sylvain Lévy. Celui-ci nous propose de réfléchir aujourd’hui à ce monde où la machine ne doute pas. Si elle interpole, complète, s’ajuste, elle n’a jamais pourtant d’angle mort parce qu’elle n’a pas de point de vue. Et un monde qui ne doute pas est un monde éminemment dangereux. Un article en forme de plaidoyer pour les véritables experts, humains, forcément humains.