Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, l’Union européenne connaît une grave crise de sens. À l’origine, le projet européen était fondé sur un principe simple : celui que l’union des européens leur donnerait plus d’opportunités économiques et de marges de manœuvre diplomatiques. Mais voilà, l’idée que « l’union fait la force » se heurte de plus en plus au mur d’une nouvelle réalité géopolitique : celle du retour des empires et des souverainetés nationales. Pour Sans doute, David Cayla revient sur le chaos trumpien, genèse d’une nouvelle donne géopolitique en Europe. Faut-il pour autant suivre Ursula von der Leyen dans son hyper-activisme (cherchant peut-être à masquer l’humiliation du « deal » sur les droits de douane passé avec Trump) qui cherche notamment à mettre en oeuvre un « 28ème » régime pour les entreprises européennes, au risque d’un nouveau dumping social et fiscal intra-européen? Le débat est ouvert.
Droits de douanes décidés de manière intempestive, coupes brutales dans les budgets fédéraux, promotion des cryptomonnaies, dérèglementations massives… la politique économique de Trump apparait non seulement contraire à celle de son prédécesseur, mais surtout manquer de cohérence et de sérieux. Et pourtant, elle renvoie à une analyse précise développée par son concepteur, Stephen Miran, l’actuel économiste en chef de la Maison Blanche. David Cayla décortique cette stratégie… et ses limites.
Le trumpisme apparaît de prime abord comme une doctrine politique peu cohérente, marquée par les intérêts contradictoires des supporters de Trump. Pourtant, les déclarations du nouveau président des États-Unis et ses premières décisions dévoilent une intention claire en opposition totale avec la gouvernance néolibérale qui prévalait jusque-là. Le problème est que cette fin du néolibéralisme pourrait signifier le retour d’un régime de type féodal incompatible avec les principes démocratiques.
Dès ses origines, la pensée économique s’est retrouvée aux confluents de nombreuses « obédiences ». Néanmoins, les débats et les clivages ne doivent pas masquer le triomphe de la vulgate d’une théorie économique générale influencée par quelques brillants esprits – sachant communiquer avec talent – et ayant inspiré nombre de dirigeants politiques dans bien des pays riches. Avec, parfois, des décisions à contre-courant du bon sens. Mais une nouvelle génération d’économistes apparaît qui cherche à voir plus loin que les chiffres. Comme David Cayla, professeur à l’université d’Anger et actuellement en séjour de recherche à l’université du Missouri à Kansas City. Pour lui, il faut appréhender l’Économie dans sa plus large acception. Entretien…