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La hausse vertigineuse des prix de l'essence à la pompe à la suite de la guerre en Iran menée par les Etats-Unis, aussi difficile soit-elle pour le portefeuille de l'automobiliste, ne doit pas masquer une réalité : elle constitue une puissante incitation à l'accélération la plus rapide possible de la transition énergétique. Pour notre spécialiste Pierre-Etienne Franc, cette réalité est une formidable illustration de la théorie des trois temps développée par Fernand Braudel. Il faut donc voir derrière cette crise conjoncturelle, une possible sortie vers la réconciliation entre portefeuille du consommateur et souveraineté énergétique. Une analyse éclairante en exclusivité pour les lecteurs de Sans Doute.
La fin du mois prime presque toujours sur la fin du monde. Mais quand la « fin du monde » affecte la « fin du mois », les bonnes résolutions reprennent. Ce fut le cas avec la guerre en Ukraine, qui relança un temps la dynamique vertueuse de la décarbonation en Europe. La crise actuelle dans le détroit d’Ormuz relance de nouveau la question de l’avenir énergétique de la planète, question tournée sous l’angle de la souveraineté, qui rime en Europe ou en Chine avec énergies renouvelables, compte tenu de nos dépendances fossiles pour les produits gaziers et pétroliers. Ainsi, il faut que la fin du mois soit directement touchée par la fin du monde possible, pour que soudain l’urgence rejoigne la raison et que le court terme accélère le long terme.
Mais entre chaque crise, les tentations du retour au business as usual semblent reprendre le dessus et quand on peut utiliser les images d’Epinal de nos beaux paysages pour les uns, le prix à la borne électrique pour les autres ou encore le danger chinois pour freiner le déploiement des énergies vertes, alors tous les populistes de la terre reprennent la main.
Et pourtant, derrière les débats du quotidien, les tendances longues ne trompent pas. Les chiffres des agences mondiales du climat et de l’énergie convergent, confirmant des tendances profondes : l’électrification des usages, de développement des infrastructures et technologies vertes (renouvelable en tête) et ultimement la stabilisation de la croissance des émissions des CO2 au niveau mondial.
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